Catégorie : Occitanie (Page 1 of 2)

Un nouveau site lotois dédié à la culture occitane

Ô’Fial dels Vertuosos Carcinòls se propose de promouvoir la Culture Occitane et plus particulièrement Quercynoise au travers des vestiges de l’architecture rurale, des gens du terroir, de leur belle langue et de leurs traditions.
Tout ce qui peut et doit absolument se partager, c’est évidemment le savoir, mais aussi et surtout le savoir vivre et la Culture : il en va même du devenir de notre civilisation. Il est par ailleurs plus qu’urgent de procéder à cette collecte d’informations, dont les derniers détenteurs disparaissent quotidiennement.
Il est donc du devoir, de ceux qui détiennent le savoir de partager leur Culture.

Musique à Cabrerets

Atelier collectif de musique, chant et danse

à Cabrerets dans la salle du Foyer rural (au rez-de-chaussée de la mairie) tous les 2èmes et 4èmes jeudis de chaque mois, de 20h00 à 21h30
Vous pourrez  :

  • Pratiquer les danses et musiques trouvées lors de recherches auprès des anciens en Quercy et zones voisines
  • Fabriquer et faire sonner ses instruments, chanter pour faire danser en s’amusant

Tous niveaux et tous âges – Animé par Théophile Cavalhèrs
Une séance de découverte gratuite, puis adhésion au Foyer rural = 10,00 € par an
Organisation : Foyer rural de Cabrerets et association Paroles de Geste
Contact 05 65 31 46 64

4èmes rencontres de l'AMTPQ

Les rencontres départementales organisées pour la quatrième année par l’AMTPQ lient cette année le chant à danser aux rencontres de musiciens et de danseurs, avec comme ambition de lier plus étroitement musiciens et chanteurs à la danse.
La dernière rencontre aura lieu le 30 mai prochain de 15h à 18h à la salle des fêtes de St Michel Loubejou (46) avec au programme :
Musique avec Rémi Geffroy : Pour tout musicien désireux de travailler la musique d’ensemble. Tous instruments acceptés. Le musicien doit être suffisamment autonome avec son instrument. Inscription : remigeffroy@hotmail.fr
Chant avec Lola Calvet : Chants polyphoniques et polyrythmiques librement  inspirés du répertoire de chants traditionnels quercinois, mais pas que! Tous niveaux. Inscription : calvet_lola@hotmail.fr
Danse avec Fabienne Vilate : Répertoire de danses en couple (scottishes et mazurkas), danses collectives (de Gascogne tout particulièrement), rondes chantées, danses du Limousin – les moutons, las teles, sautières. Tous niveaux. Inscription: fabi.vilate@wanadoo.fr
En soirée, bal animé par les musiciens, chanteurs et danseurs de la rencontre, puis les groupes De Que Maï, La bande à Jojo, Lola, Rémi, LéoLuc, et enfin scène ouverte à tous.

Organisé par l’AMTP Quercy  Renseignements : 05 65 38 28 86 ou  amtpq@wanadoo.fr

 

Soscripcion librets de Sèrgi Irondèla

L’association AQUÍ L’ÒC vient d’éditer deux ouvrages bilingues de Serge Hirondelle :
– 1 livret + CD de poèmes « Fachilhièras » au prix de 10 euros.
– Des récits imaginaires « Rencontres extrà-ordinaris » au prix de 10 euros.
Jusqu’au 23 mai, l’association AQUÍ L’ÒC propose à la souscription les deux livrets à 16 euros, frais de port compris, au lieu de 20 euros. Vous pouvez souscrire en envoyant le bulletin en pièce jointe à  AQUÍ L’ÒC  100 passage de Saliège   46400 Saint-Céré  accompagné d’un chèque à l’ordre de AQUÍ L’ÒC.
Samedi 23 mai, à l’occasion de l’intervention de l’auteur lors du Festival ESCAMBIS, à 14 h, place de la République (sous les platanes) à St Céré, les 2 ouvrages seront également vendus au même prix mais aussi dédicacés.
Souscription livrets

Le dico occitan

Le Dictionnaire est constitué de deux types d’archives compressées.  Dictionnaire Occitan
L’une contient le programme (archive auto-exécutable, il suffit de double-cliquer pour décompresser) L’autre la liste de mots pour une langue donnée (format zip, nécessite un utilitaire du type Winzip pour l’ouverture). Procédure : * 1 – Téléchargez DicOccitan.zip et décompressez le. * 2 – Installez le dictionnaire (Fichier dic_occitan.exe) dans Program Files/Dictionnaire, en double-cliquant dessus. * 3 – Décompressez ensuite la liste de mots dans un répertoire temporaire créé pour l’occasion, nommez le par exemple Dico_Provisori, que vous supprimerez une fois l’installation du dictionnaire terminée. * 4 – Installez la liste dans le même répertoire que le programme en double-cliquant sur « Dico_Provisori/install.exe ». * 5 – Lancez le Dictionnaire par l’intermédiaire du menu Démarrer. Pour installer un dictionnaire supplémentaire : * 1 – Téléchargez uniquement la liste sur www.freelang.fr * 2 – Décompressez-la dans un répertoire temporaire vide, au besoin videz complétement Dico_Provisori (si vous ne les avez pas déjà détruits). * 3 – Installez la nouvelle liste dans le même répertoire que le programme en double-cliquant sur « Dico_Provisori/install.exe ». Important : Installez les listes les unes après les autres, ne dézippez pas plusieurs listes dans un même répertoire, vous ne pourrez pas les installer en une seule fois.
Lo Diccionari es un conjunt de doas menas d’arquius compremits e d’un fiquièr tèste.  Diccionari Occitan
Un arquiu caup lo programe (arquiu auto-estrefadisses (auto-exécutable)), basta de lo doble-clicar per lo descompremir. L’autre la tièra de las diccions per una lenga balhada (format zip, necita un mesteirenc del biais Winzip per la dobertura). Procedum : * 1 – Joscargar DicOccitan.zip et lo descompremir dins un repertòri provisòri. * 2 – Estalar lo Diccionari (Fiquièr dic_occitan.exe) dins « Program Files/Dictionnaire », en doble-picar dessús. * 3 – Puèi descompremir la tièra de las diccions dins un repertòri temporari fargat per l’escasença, nomenatz lo per eisemple Dico_Provisori, que supremirètz un còp l’estalament del Diccionari acabat. * 4 – Estalar la tièra de las diccions dins lo meteis repertòri que lo programe en doble-picar sús « Dico_Provisori/install.exe ». * 5 – Ronçar lo Diccionari per l’entremièg del menut « Démarrer. » Per estallar un Diccionari suplementari : * 1 – Joscargar solament la tièra de mai sus http://www.freelang.com * 2 – Puèi la descompremir dins un repertòri temporari vuèg, se podètz val milhor vojar completament Dico_Provisori (se l’avètz pas pas ja supremit). * 3 – Estalar la novèla tièra de diccions dins lo meteis repertòri que lo programe en doble-picar sús « Dico_Provisori/install.exe ». Emportant : Estalar las tièras las unas tras las autras, dezipatz pas mantunas tièras dins lo meteis repertòri,podètz pas las estalar d’un sol còp.

La croix oc – La crotz òc

En termes héraldiques, la croix de Toulouse, ou croix du Languedoc ou encore croix occitane, est une croix grecque à branches égales rectilignes, cléchée (ses extrémités sont en forme d’anneaux de clefs) et pommetée d’or, dont les extrémités des branches sont triplement bouletées et perlées.croix occitane
Elle apparaît avec le sceau de Raymond VI en 1211 et sera toujours utilisée ensuite par les comtes de Toulouse. Elle s’imposera dans tout le domaine toulousain au début du XIIIème siècle et figurera dès lors sur les armes de la ville de Toulouse, puis sur celles du Languedoc du XIVème au XVIIIème siècle. Plusieurs hypothèses existent sur son origine et elle a fait l’objet de nombreuses interprétations symboliques. Au début, une simple roue solaire à douze rayons, chacun bouleté à son extrémité, symbolisant les douzes maisons du zodiaque. Aux XIIème et XIIIème siècles, les clercs voyaient dans cette figuration le christ crucifié entouré de ses douze apôtres.
Elle a également été appelée croix cathare dans la mesure où elle s’opposait à la croix latine, rejetée par les cathares. Enfin, elle semble matérialiser l’itinéraire des Wisigoths, des rives de la Mer Noire à Toulouse, par les Balkans, l’Italie et l’Espagne… Il en existe de semblables en Provence, en Catalogne espagnole et en Italie du Nord. Elle apparaît officiellement sur le sceau du comtal en 1211. Les 12 cercles qui coiffent les 4 branches sont décorés des signes stylisés du zodiaque. Cette croix est antérieure à l’épopée cathare. Elle vient de la Provence : les auteurs du «Vieux Toulouse» l’attribuent au mariage du comte Guillaume Taillefer (Comte de Toulouse de 951 à 1037) et de Emme de Venasque, la croix provenant du Marquisat de Provence. On dit aussi que le premier Comte Thorson l’avait déjà utilisée à la suite du siège de Bayonne. On retrouve également des réminicenses dans les stèles discoïdales du Languedoc.
La ressemblance la plus frappante, il faut aller la chercher dans les surprenants chapiteaux du cloître de Santa-Maria de l’Estany dans la Catalogne : cette croix semble matérialiser l’itinéraire des Wisigoths de la mer noire à Toulouse via les Balkans et l’Italie, elle était utilisée comme symbole de ce peuple chrétien, mais arien, et c’est ce souvenir que les stèles discoïdales du Lauragais auraient conservé. C’est ceci qui nous rapproche de l’épopée Cathare, qu’il faut toujours relier à l’histoire wisigothique de la région.

LES CATHARES ET LA CROIX OCCITANE

Il est peu vraisemblable que les Cathares aient porté une croix quelconque… En effet, ils rejetaient tout symbolisme pour ne pas adorer une image à la place du Dieu Vrai. De la même manière, aucune église ne pouvait devenir, dans leur croyance, un lieu saint. Seul le recueillement intérieur pouvait prétendre à être une prière. Anne Brenon, dans son «Petit Précis de Catharisme» (Editions Loubatières, 1996) présente même la religion cathare comme un christianisme sans croix, cette dernière étant réduite à un instrument de torture.
Pierre des Vaux-de-Cernay, dans son «Historia Albigensis» (Librairie philosophique, 1951), nous dit : «…Ils appelaient idôlatrie les images qui sont dans les églises…». En fait, ils ne rejetaient pas la matière dans son ensemble, à la différence de ce que leurs détracteurs ont bien voulu nous faire croire, mais combattaient tout ce qui est éphémère. Il est alors plus facile de comprendre leur position – et les extrapolations qui en découlent – vis-à-vis de ce qui est vivant… En fait de combat entre deux croix, il a bien existé, mais dans cette acception religieuse et spirituelle, mais dans une dimension politique : la croix de Toulouse et la croix de Rome. La société structurée naissante dans le Languedoc, ainsi que celle qui voyait le jour notamment au nord de l’Italie ne pouvaient laisser les catholiques inactifs.

Onomastica – Onomastique

Généralités sur la Toponymie et la Patronymie (Onomastique)

La patronymie a pour objectif d’étudier les noms de famille et leur signification. La réalisation de cet objectif a un intérêt historique indiscutable : nos noms de famille portent la marque des civilisations passées. Elle peut contribuer à donner une idée de la société, de ses structures et de son évolution.
– Tous les patronymes ont une signification. Les hommes ne se sont jamais désignés par des suites de syllabes dénuées de sens. Si un patronyme semble n’avoir aucun sens c’est parce qu’il a subi des transformations ou parce qu’il vient de mots oubliés ou encore qu’il est issu d’une langue dont nous avons perdu la clé.
– La patronymie est avant tout une branche de la linguistique. Pour expliquer les noms de personnes, il importe avant tout de faire une déduction linguistique correcte.
– Un nombre considérable de patronymes sont des toponymes : les hommes se désignent souvent par le nom de leur maison ou par le nom de leur localité d’origine. Statistiques par catégories de noms Les patronymes peuvent se répartir en catégories. Sommairement, on peut distinguer: les noms de baptême ou prénoms devenus patronymes; les noms d’origine (région, ville ou village d’origine); les noms de métiers; les surnoms et sobriquets; les noms de maisons. Par noms de maison, il faut entendre tous ceux qui désignent la maison par une caractéristique queIconque tirée de son statut social, de son aspect, de son environnement géographique ou végétal (ainsi Castagné est un nom de maison, la maison étant ici désignée par l’arbre qui la signale aux regards). On s’aperçoit que ces diverses catégories sont diversement représentées selon les aires culturelles: ainsi, en pays d’oïl, la proportion des noms de métiers et de sobriquets est considérablement plus grande qu’en pays occitan. En pays basque, la presque totalité des patronymes sont des noms de maisons.

Histoire du nom de famille

Article de Michel Grosclaude
A quelques nuances près le système de désignation des individus est le même dans tous les pays européens.. Chacun d’entre nous a d’abord un ou plusieurs noms individuels, (en français prénom, en allemand Vornamen, en anglais christian name, en castillan nombre de pila). Nous avons ensuite un nom de famille que nous appelons patronyme car, le plus généralement, il indique notre filiation en lignée paternelle. II ne saurait être question ici de faire une histoire des anthroponymes.
On se contentera de rappeler un certain nombre de données élémentaires. D’abord, il semblerait que la plupart des peuples n’aient connu à I’origine que le nom individuel: remarquons qu’un nom individuel seul est largement suffisant dans des sociétés de petite dimension où on ne risque pas les confusions. Ainsi, les Hébreux de la Bible ne sont désignés que par un nom individuel (Gédéon, Samson, David, Sarah, Judith). Ce nom a un sens objectif (Adam: I’argile, la terre; Josué: Yahweh sauve) ou imaginé selon les conceptions onomastiques de l’époque (ainsi Moïse qui, à en croire le rédacteur de l’Exode, signifierait  » sauvé des eaux « ).
Un système un peu plus complexe consiste à ajouter au nom individuel le nom du père accompagné d’une mention (suffixe ou préfixe) signifiant  » fils de « . Ce système a dû être assez largement répandu si nous en jugeons par les traces qui en subsistent à l’état de fossiles dans les patronymies actuelles. Ainsi le nom-suffixe anglais -son (Johnson, fils de Jean; Peterson, fils de Pierre); le nom-suffixe scandinave -sen (Andersen, fils d’André); la terminaison slave -itch (Mikhailovitch, fils de Michel) ou le mot sémitique ben (Ben Gourion, Ben Youssef).
Chez les Grecs de I’Antiquité, le nom individuel a été d’abord accompagné d’un nom suffixé marquant I’appartenance à une dynastie noble (Les Atrides: la famille d’Atrée). Puis, très vite à l’époque classique, pour les citoyens libres, on imagina un système à trois noms: nom individuel, mention de la filiation et indication du dôme (circonscription géographique): ainsi le nom complet de I’orateur Démosthène était: Dèmosthenès Dèmosthenous Paianieus (Démosthène, fils de Démosthène du dôme de Péania). Les noms individuels étaient soient des surnoms, soit des métaphores (Démosthène, dêmos-sthenos, la force du peuple; Platon, Platon, large d’épaules; Andreas, andreios, viril; Basile, basileus, roi; Anatole, ana-tolê, le levant. Georges, geôrgos, le travailleur de la terre).
Dans l’aristocratie romaine, on passa d’un système à deux noms à un système à trois, puis parfois à quatre. D’abord le nom individuel ou prénom (Marcus, Caïus, etc) accolé au gentilice ou nom de la gens (grande famille ou clan). Puis très vite, pour éviter les homonymies il fallut y adjoindre un surnom individuel le cognomen: ainsi l’écrivain Cicéron se nommait en entier Marcus Tullius (de la gens Tullia) Cicero (cognomen signifiant  » pois chiche  » sans doute à cause d’une verrue). Mais le cognomen devint héréditaire et se mit à désigner les familles restreintes à l’intérieur de la grande famille ou gens. On fut alors souvent contraint de lui adjoindre un second surnom (exemple: Publius Cornelius Scipio Africanus).
L’arrivée du christianisme bouleverse ce système en important la philosophie biblique du nom. Le nom d’un homme, dans la Bible, n’est pas une simple étiquette, mais fait partie de son être. Donner un nom à un homme c’est prendre possession de son être: c’est pourquoi chaque fois que Dieu choisit un homme pour le charger d’une mission, il lui donne un nom nouveau. Ainsi Abram devient Abrahaml. Ainsi fait Jésus-Christ quand il choisit ses disciples:  » Tu es Simon, fils de Jonas, désormais tu seras appelé Céphas, c’est-à-dire Pierre « ‘. C’est pourquoi chez les premiers chrétiens, le changement de nom devient le signe de l’appartenance à Jésus-Christ. Comme l’eau du baptême, il matérialise l’accès à une vie nouvelle. Ce sont donc les Anglais qui sont dans la vérité historique quand ils appellent le prénom  » Christian name « . Avec le premier christianisme, on retrouve donc le système du nom individuel unique. Mais remarquons que ce nom nouveau imposé à tout converti n’est pas nécessairement un nom tiré de la tradition scripturaire biblique. II suffit que le converti ait un nom nouveau, fût-il tiré de la mythologie païenne.
Plus tard, I’Eglise fera exception à cette règle, tout au moins pour des personnages illustres: Clovis est sans doute le premier à avoir été baptisé sous son propre nom. Un autre bouleversement important du système anthroponymique apparaît en Occident avec les invasions germaniques. C’est ici qu’il convient de mettre en lumière un étonnant paradoxe de l’Histoire. Les envahisseurs germaniques (et spécialement les Francs) qui imposèrent leur aristocratie militaire au monde occidental, et en particulier à la Gaule, ne sont pas parvenus à imposer leur langue. S’ils y étaient parvenus, nous parlerions une sorte d’allemand.
Par contre, ils nous ont imposé leur système anthroponymique, si bien qu’à partir du 10è siècle les noms individuels germaniques sont majoritaires dans la plus grande partie de l’Europe occidentale. Quantité de ces noms germaniques sont encore des prénoms courants actuellement et nombre d’entre eux sont devenus des noms de famille: Bernard, Raymond, Roger, Arnaud, Gérard, Louis, Rolland, etc.
Cette mode des noms germaniques s’explique par trois facteurs combinés: d’abord la volonté d’imiter l’aristocratie qui était germanique; ensuite l’accord entre le système chrétien du nom individuel unique et le système germanique; enfin la pauvreté imaginative du fonds onomastique latin ou de ce qu’il en restait (Primus, Secundus, Tertius, Ouartus, etc.).
Ces noms germaniques sont toujours composés de deux parties (deux substantifs ou un substantif et un qualificatif): Bern-hardt (ours dur); Ragin-Mund (conseil et protection). L’onomastique occitane a incorporé cet apport germanique exactement comme l’a fait l’onomastique française. On est autorisé à supposer qu’à l’époque où ces noms germaniques se répandirent, c’est-à-dire vers le 10è siècle leur sens n’était déjà plus compris par les populations qui les adoptaient et même qu’ils n’étaient peut-être plus compris par les Francs eux-mêmes. À partir du moment où la société se structure mieux, où il devient nécessaire d’établir des recensements, où donc les écrits se multiplient, il devient nécessaire de donner à chacun un nom complémentaire. Cette nécessité est d’ailleurs accrue par la pauvreté du stock des noms individuels.
Chez les nobles, ce nom complémentaire est tout naturellement le nom du fief. Les clercs sont signalés par un qualificatif propre à leur état. Quant aux paysans, le nom complémentaire est parfois le nom de la villa, plus généralement le nom du casas exploité. Le nom du casas, donc de la maison, devient le nom du chef de famille qui y habite ainsi que celui de sa femme, de ses enfants et de tous ceux qui vivent sous son toit. C’est pourquoi, il peut donner l’impression d’être un véritable  » nom de famille  » héréditaire au sens où nous l’entendons aujourd’hui. II n’en est rien car ce nom ne s’attachait aux individus que dans la mesure où ceux-ci occupaient la terre qu’il désignait.
Que l’homme laisse sa terre pour une autre et il change aussitôt de nom: un cadet qui quittait sa maison natale et qui épousait une héritière n’était plus désigné par le nom de sa maison d’origine mais par celui de la maison de sa femme chez qui il venait habiter. Un homme pouvait donc porter un nom qui n’avait jamais appartenu à aucun de ses ascendants: le nom d’une maison acquise récemment par achat ou de toute autre manière. En somme, les modes de transmission du nom étaient exactement les mêmes chez les nobles et chez les paysans: dans toute la chrétienté occidentale, un noble prenait le nom de son fief et quand il vendait son fief, il vendait le nom avec Chez les habitants des villes, le nom complémentaire était soit un nom de métier, soit un nom permettant de situer la maison (près de la tour, à côté de l’église, de l’autre côté des fossés, etc.), soit encore un nom d’origine indiquant la localité d’où venait le nouveau poblan.
Le nom de famille tel que nous le connaissons aujourd’hui résulte de la transformation lente du nom complémentaire en nom héréditaire et non pas, comme on le croit trop souvent, d’un décret du pouvoir politique. Sans doute, pour la France, on invoque souvent l’Édit de Villers-Cotterêts qui instaura l’obligation de l’état civil. Mais l’Édit de Villers-Cotterêts ne fit que sanctionner et, tout au plus, régulariser, un état de fait: en effet, déjà sous le règne de Louis XI, il fallait une autorisation royale pour changer son nom patronymique. En fait, les noms complémentaires, qu’ils soient noms de fief, de Casas, de métier ou autre ont commencé à évoluer en noms de famille héréditaires à partir du 14è siècle. II n’empêche que la coexistence des deux systèmes de désignation (nom de maison et nom de famille héréditaire) fit que la plupart des gens furent désignés par deux noms, I’un et l’autre pouvant être utilisés dans des actes officiels: ce qui crée évidemment bien des difficultés pour qui veut identifier un personnage.
Per ne saber mai – Bibliographie
Bibliographie Dictionnaire étymologique des noms de famille gascons, Michel Grosclaude, Radio Païs RN 117 64230 POEY DE LESCAR, 1992, reprint 1999 Gramatica occitana (segon los parlars lengadocians), Loïs Alibèrt, C.E.O. (Centre d’Estudis Occitans), Montpelhièr 1976. Dictionnaire occitan-français (d’après les parlers languedociens), Louis Alibert, I.E.O. (Institut d’Estudis Occitans), Toulouse 1977. Lou Tresor dóu Felibrige, Frederic Mistral, data, reedicion C.P.M. (Culture Provençale et Méridionale) 1979. Dictionnaire latin-français, Félix Gaffiot, Hachette, Paris 1934. Toponymie occitane, Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Sud Ouest Université 1997. Etudes de linguistique romane et toponymie, Ernest Nègre, Collège d’Occitanie, Toulouse 1984.

La graphie occitane

La graphie occitane  

Référence Gaston Bazalgues
Pour écrire leur langue issue du latin populaire parlé, les premiers scribes occitans ont dû adapter le système orthographique du latin problème commun à toutes les langues romanes (français, italien, espagnol, catalan, …). Ce système orthographique sera celui de l’occitan jusqu’au 15e siècle. Après la croisade contre les albigeois, l’occitan est peu à peu chassé de l’école et de la vie administrative. L’édit de Villers-Cotterêts l’interdit officiellement en 1539. Les occitans parlent toujours leur langue, mais perdent leur système orthographique. s’ils veulent écrire dans leur langue, ils n’ont comme référence que le système du français. Chaque auteur occitan essaye de l’adapter à à sa langue revenue à l’état sauvage et ainsi naissent ce qu on appelle les graphies patoisantes de la langue d’oc. Cela jusqu’au XIXe siècle.
Des tentatives de normalisation graphique se multiplient. Originaire des Alpes de Provence, Honnorat propose dans son dictionnaire (1840) un système orthographique très proche de celui des troubadours et qui tout en respectant les dialectes permet leur intercompréhension. Ce système d’abord salué par Roumanille sera rejeté par ce dernier qui imposera une graphie française et rhodanienne à l’ensemble occitan. Cette graphie félibréenne (du nom de l’école littéraire d’Avignon dont Roumanille est, en 1854, un des fondateurs) est à tort parfois appelée mistralienne, Mistral ayant accepté ce système avec difficulté.
La graphie félibréenne est donc celle de la Renaissance littéraire occitane du XlXe siècle, avant tout localisée en Provence. Elle ne résout pas les problèmes posés par l’éparpillement dialectal et les autres régions occitanes entrant dans la Renaissance ne peuvent l’accepter. Les languedociens dès 1896 reprennent et modernisent la graphie des troubadours grâce aux travaux du limousin Joseph Roux puis de l’Escola occitana de Antonin Perbosc et Prosper Estieu, fondée en 1919.
En 1930 La Société d’Études Occitanes la vulgarise encore et Louis Alibert la perfectionne en 1935 dans sa grammaire puis dans son dictionnaire publié après sa mort en 1966 par l’lnstitut d’Études Occitanes.
De nos jours la graphie occitane permet de lire les troubadours dans leur texte; elle est celle des auteurs modernes, des chanteurs aussi. La graphie félibréenne subsiste aussi en Provence.
L’alphabet occitan
L’alphabet comprend 23 lettres.
A a    B be   C ce   D de    E e   F èfa  G ge   H acha  I i  J gi  L èla  M èma  N èna  O o
P pe  Q cu   R èrra  S èssa  T te  U u  V ve  X icsa  Z zèda

La prononciation des voyelles

L’occitan n’est pas une langue unifiée comme le français écrit. Il a une prononciation très diversifiée. Nous donnons ici une prononciation languedocienne centrale.  a et à se prononcent comme dans le mot français chat caval se lit kabal (cheval) cantaràs se lit kantaras (tu chanteras)
a marque du féminin
– se prononce a dans les articles définis la, las, les articles contractés, les possessifs ma, ta, sa.
– se prononce o partout ailleurs. la porta se lit la porto (la porte)
a et á en finales de verbes se prononcent o parla se Iit parlo (il parle) podiás se lit poudios (tu pouvais) parlan se lit parlon (ils parlent),
o pouvant être remplacé par ou (parloun) à la 3e personne du pluriel.
á et à portent toujours l’accent tonique.
e n’est jamais muet comme en français.
e et é se prononcent comme dans le mot français blé negre se lit nègre (noir) pél se lit pél (cheveu)
è se prononce comme dans le mot français mer lèbre se lit lèbré (lièvre)
é et è portent toujours l’accent tonique.
i se prononce généralement i comme en français ric se lit rik (riche)
o et ô se prononcent ou lo lop se lit lou loup (le loup) renós se lit rénouss (hargneux)
ò se prononce o la mòstra se lit la mostro (la montre)
ò et ó portent toujours l’accent tonique.
u se prononce comme dans le mot français mule segur se lit ségur (sûr)
u se prononce ou après voyelle sauf s’il porte un tréma paure se lit paouré (pauvre) diurn se lit diurn (diurne).
La prononciation des consonnes
Nous n’indiquons ici que ce qui différencie l’occitan du français.
b et v ont une prononciation à peu près identique et proche du castillan b vaca se lit bako (vache)
g se prononce dj devant e et i gelada se lit djélado (gelée) ginèsta se lit djinèsto (genêt)
g se prononce tch en fin de mot après voyelle estug se lit éstutch (étui)
h remplace souvent f en gascon. C’est une aspiration la hèsta: la fête, la fèsta (fèsto) en languedocien, etc.
j se prononce dj joc se lit djok (jeu)
m en fin de mot se prononce souvent n cantam se lit cantan (nous chantons)
n en fin de mot ne se prononce pas pan se lit pa (pain)
r est presque toujours « roulé »; il ne se prononce pas en finale de verbe à l’infinitif, en fin de mot parfois parlar se lit parla (parler)

Tableau récapitulatif des principaux faits de prononciation

a marque du féminin se prononce o
e n’est jamais muet
o et ó se prononcent ou
ò se prononce o
ch se prononce tch
lh et nh équivalent à ill et gn du français gn se prononce n redoublé
r de l’infinitif n’est jamais prononcé

L’accentuation

Les mots terminés par une voyelle ou une voyelle suivie de s ont l’accent tonique sur l’avant-dernière syllabe fenèstra, negresa, espatla
Les mots terminés par une consonne autre que s ou par une diphtongue ont l’accent tonique sur la dernière syllabe cantar, jamai, pauruc
Cas particulier des mots terminés par une voyelle suivie de n:
1 ) si ce sont des verbes, ils ont l’accent tonique sur l’avant dernière syllabe cantan, legisson
2) partout ailleurs l’accent tonique tombe sur la dernière syllabe: fenestron (petite fenêtre)
Les mots qui font exception à ces règles portent un accent graphique: l’accent aigu. Les voyelles portant un accent grave sont toniques penós (pénible), espés (épais), de galís (obliquement) cantarà, la pòrta, la lèbre.

Les parlers occitans

Nous ne savons pas grand chose des dialectes occitans du Moyen-Age et ne connaissons qu’une langue unifiée alors par l’écriture. Dès que l’écriture a été abandonnée, les anciens dialectes ont dû se développer et l’occitan moderne n’est donc pas une langue homogène. L’occitan parlé dans le Lot fait partie du Nord languedocien à la limite du limousin et de l’auvergnat. La langue parlée, le carcinol se rattache au languedocien du Nord, pas loin du limousin et de l’auvergnat
Les grands dialectes occitans sont indiqués sur la carte ci-dessous
carte
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le parler quercynois
Le parler carcinòl fait partie du dialecte languedocien de la langue occitane, ou langue d’oc. Voici quelques particularités du parler quercynois :
Dans les monosyllabes le a se prononce souvent o : lo can ( le chien) lou co, lo pan (le pain) lou po, plan (beaucoup) plo, la (article féminin) lo.
Au milieu d’un mot, le a peut se transformer en un son proche du o : la campana (la cloche) lo compono, la cadièra (la chaise) lo codièro.
Les pluriels des verbes en -an se disent souvent on : parlan (ils parlent) porlon, cantan (ils chantent) konton, parlaràn (ils parleront) porloron , cantaràn (ils chanteront) contoron.
Les consonnes finales parfois ne s’entendent pas : Cajarc kodjar, Lauzés lawzé, Gramat groma, mancat (manqué) monka, bastit (bâti) bosti.
Les c et p de la fin d’un mot, et aussi les -ch et -eg (qui font tch d’habitude) deviennent un t : lo ròc (rocher) lou rot, lo lop (le loup) lou lout, estrech (étroit) éstrét, lo puèg (la colline) lou pèt.
Dans l’est du Quercy, le l qui est devant une consonne devient un w : l’alba (l’aube) l’albo o l’awbo.
Le pronom personnel neutre, qui s’écrit o, se prononce souvent zou, et z’ devant une voyelle : o farai (je le ferai) zou faray, o aviá vist (il l’avait vu) z’abio bist.
Mais surtout ceux qui parlent occitan doivent toujours essayer de retrouver leur façon personnelle de prononcer.
Les zones de l’occitan carcinòl sont marquées sur cette carte (le contour représente le département du Lot)

carcinol

D’après Poulet et Krispin, dans Los parlars carcinòls, Cercle occitan de Figeac, IEO du Lot, 1991


 

Les origines de la langue occitane

La langue d’oc est l’une des huit langues romanes issues du latin et non pas « un vulgaire patois, une sous-langue parlée par des paysans ignares »

LES ORIGINES  D’après Maryse Rouy

Le latin pour origine
Pendant les premiers siècles de notre ère, en raison de la domination romaine, toute une partie du monde méditerranéen se rassemble en une vaste communauté linguistique qui durera aussi longtemps que se maintiendra l’unité de l’empire. Le latin, comme langue parlée, disparaît après le VIe siècle ou, plutôt, se transforme en un certain nombre de parlers nouveaux : l’espagnol, le portugais, le français, l’occitan, l’italien le catalan et le roumain.
En Gaule, les Francs installés au nord de la Loire fondent, sous Clovis, un royaume qui sera le berceau de la France. Leur influence linguistique se limitant à cette partie du territoire déterminera l’actuelle division de la France en parlers d’oïl et parlers d’oc, ces deux mots signifiant oui dans chacun des deux idiomes.

Pourquoi occitan ?

Les occitans ne se sont pas d’abord définis par leur langue mais par leur civilisation qui a donné à l’europe les troubadours, l’idée que les hommes sont égaux en droit, une tolérance raciale et religieuse et un nouvel amour qui voit la première promotion morale et sociale de la femme. Occitan est un néologisme créé par la chancellerie française royale à la fin de la croisade contre les albigeois. L’occitanie désigne l’ensemble des terres sur lesquelles on parle la langue d’OC. au départ il s’agit d’une création coloniale du Roi de France. L’occitan est le terme qui s’est imposé récemment pour désigner les parlers d’oc, c’est-à-dire l’ensemble des parlers de type méridional situé, en France, au sud d’une ligne approximative Gironde-Alpes et auquel on ajoute le val d’Aoste, en Italie.
Il existe six dialectes occitans qui sont : le provençal, le languedocien, le gascon, le limousin, l’auvergnat et le vivaro-alpin.

L’âge d’or des troubadours

A la fin du XIe siècle, tandis que la chanson de geste, où dominent les thèmes guerriers, s’épanouit dans le Nord de la France encore frustre, règne dans le sud, une civilisation plus riche, plus raffinée, plus élégante. C’est là que l’inspiration lyrique confère une dignité nouvelle au thème de l’amour qu’elle transforme complètement : l’amant se présente en soupirant, se proclame le vassal de sa dame, et fait l’amour le but de sa vie. Tel Bernard de Vendatour, troubadour du XIIe siècle qui chante : « Que vaut la vie sans amour? Ne sert qu’à ennuyer les gens. »
Né dans l’aire linguistique d’oc, probablement en Limousin, ce genre nouveau, que l’on appelera la poésie courtoise parce qu’elle s’adresse à un public de cour, se propage rapidement, non seulement dans toute la partie méridionale de la France actuelle, mais également en Italie, en Espagne et au Portugal. Cette société tolérante, dans un monde qui l’est peu, accepte et encourage la propagation du catharisme. Cette attitude provoque une réaction violente : une croisade lancée par le pape Innocent III et menée par les rois de France.
Dite des Albigeois, cette croisade, dont le prétexte est la lutte contre l’hérésie, aboutit à la conquête des régions du Sud par la France, en 1229, et au déclin de la civilisation et de la littérature méridionales, une fois éteints les derniers feux de la révolte exprimés dans les poèmes polémiques, les « sirventès »

Le Félibrige et le déclin

La colonisation des régions conquises ne se fait pas sans peine : de nombreuses révoltes éclatent, mais elles sont réprimées dans le sang et n’aboutissent pas. La langue occitane reste parlée, mais la langue écrite, celle de l’administration devient peu à peu celle du pouvoir : le français. Au début du XVIIe siècle, on assiste à une forte recrudescence de créations occitanes: oeuvres carnavalesques, théatre, satires, noëls, spectacles de rue. Mais le classicisme et le pouvoir absolu de Louis XIV consomment l’aliénation culturelle: des Académies locales, filiales de l’Académie Française, sont créées dans le but de répandre le français. Les enfants de la société nantie sont éduqués en français par les Jésuites. Cependant la langue d’oc continue d’être parlée par tout le corps social et, si on ne l’écrit plus, on réédite les écrits du début du siècle qui ont un public nombreux.
Au XVIIIe et jusqu’au milieu du XIXe siècle se succèdent les périodes de stérilité et les périodes de renouveau. L’Occitanie, victime de la volonté centralisatrice issue de la révolution et perpétuée par les divers régimes qui l’ont suivie est une réalité linguistique, mais n’a pas d’existence administrative ni politique. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle un mouvement occitaniste dont Frédéric Mistral est la figure la plus représentative, le Félibrige, a un gros impact sur la vie littéraire occitane.
Mais ses membres ne portent pas sur le plan politique leur rêve nationaliste et fédéraliste. Ils ne se soucient pas de l’enseignement primaire, croyant qu’apprendre aux enfants à lire les almanachs félibréens suffirait pour sauvegarder la langue. Conséquemment , ce mouvement qui a provoqué un renouveau littéraire indéniable, n’a pas empêché l’occitan de pâtir gravement de l’avènement de l’enseignement obligatoire vers la fin du siècle.
Scolarisation et francisation allant de pair, l’occitan devient hors la loi à l’école. Les instituteurs se font les exécutants zélés d’une politique d’élimination de l’idiome vernaculaire: ils apprennent aux enfants à avoir honte de la langue de leurs parents. Le français est présenté comme un moyen d’ascension sociale ce qui explique la faible résistance à l’entreprise de francisation. Ce travail de propagande est complété auprès des jeunes gens par le service militaire obligatoire.

La reconquète ?

Après 1965 la culture occitane sort du ghetto intellectuel. L’Institut d’estudis occitans devient un organisme de rencontre et de réflexion. Un nouveau départ est possible grâce aux travaux de Louis Alibert, artisan de la renaissance linguistique, de Robert Lafont, théoricien de l’occitanisme progressiste et de quelques autres. On assiste à une explosion nationaliste dans laquelle les jeunes tiennent une place importante. La chanson ne se cantonne plus dans le folklore: elle devient revendication culturelle et politique. Nous retiendrons les noms des interprètes les plus connus: Claude Marti, Mans de Breich, Patric, Los de Nadau, Daumas, Tocabiol, Jacmelina, Maria Rouanet…
Malheureusement, de moins en moins de jeunes comprennent et parlent la langue. Sans une reconnaissance de l’occitan avec enseignement de la langue à l’école et création de médias, dans quelques décennies, il ne sera plus connu que de quelques universitaires ou de quelques « vieux fossiles » que l’on montrera aux touristes…

Uc de Saint-Circ, un père de la Renaissance Italienne

Uc de Saint-Circ est né à Thégra à la fin du XIIème siècle. Son père, petit vavasseur (1), avait dû quitter son château de Saint-Cirq (graphie actuelle) situé sur l’actuelle commune de Couzou, sans doute ruiné par Henri Court-Mantel lors du sac de Rocamadour en 1183. Pour éviter une copropriété des biens familiaux (selon la coutume occitane, cadet d’une nombreuse fratrie, il était copropriétaire de ses biens avec ses frères) ses frères l’envoient étudier à Montpellier où on le destinait à l’état de Clerc.

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Château de Saint-Cirq (graphie actuelle)


Rappelons que Montpellier, alors sous la domination des rois d’Aragon et de Majorque, était une ville universitaire très importante où se retrouvaient de nombreux quercynois. Inversement, les professeurs de Montpellier enseignaient à l’Université de Cahors. Dans la capitale culturelle des rois d’Aragon où l’apport scientifique des musulmans et des juifs est important, Uc a pu acquérir, au moins en partie, les trois premières branches du savoir, le trivium : grammaire (latin classique), rhétorique et logique. Mais il ne devient pas clerc, il se fait jongleur et entre au service du comte de Rodez, du vicomte de Turenne et du bon dauphin d’Auvergne. Il sert de lien entre ces trois puissantes. Très tôt, il devient troubadour, nous dirions aujourd’hui, auteur-compositeur, un intellectuel profane du Moyen Age.
On le retrouve en Gascogne, auprès de Savaric de Mauléon, de la comtesse de Bénauges, en Poitou puis en Aragon et en Castille. En Provence enfin, d’où il gagne la Marche de Trévise vers 1220. Là il prend épouse et dernière date connue de sa vie, est accusé d’hérésie et d’usure en 1257 (Cathare ou bien Cahorsin ?). En Italie du nord, son rôle est fondamental dans la gestion de la Renaissance. Exilé, faidit, il apporte à sa patrie d’adoption le texte troubadouresque. Sur place il crée des vidas, premières biographies de troubadours marquées par la nostalgie d’un temps heureux, d’un pays perdu et remis dans le droit chemin obscurantiste par la ruée des croisés. C’est le point de départ, en Europe, de la critique littéraire en langue vulgaire et de la nouvelle en prose. Il y a un suivi des vidas au Novellino anonyme puis à Boccace et jusqu’à nos jours.
Uc est ainsi devenu, en Italie, un poéticien, un maître du trobar et plus encore, selon l’expression de Robert Laffont : « Le grand témoin de l’Occitanie en Italie ». Il ne nous reste qu’une cinquantaine de textes écrits par Uc et trois musiques qui permettent d’entrevoir un musicien de talent. Son œuvre est un « roman vécu ». Enfin, nous savons depuis peu, grâce aux travaux de Saverio Guida de l’université de Messine, qu’Uc de Saint-Circ et Uc Faidit sont une seule et même personne. Uc Faidit écrit vers 1240 le Donatz proençals, une grammaire, un traité de versification suivi d’un dictionnaire des rimes. Deux versions : une en oc et l’autre en latin. L’ouvrage est novateur (les exemples sont créés et non empruntés) et permettra à Dante, en différenciant le volgare du latino, de promouvoir l’italien moderne.
Depuis quelques années, l’Association Thégra Animation fait revivre Uc de Saint-Circ à travers un son et lumière retraçant sa vie et lui a consacré un colloque en 1998. Un cd de Gérard Zuchetto a été enregistré dans l’église de Thégra.
D’après : Anthologie des Poètes du Quercy, par Gilles Lades, éditions du Laquet et Encyclopédie du Lot, Bonneton.

(1) VAVASSEUR, subst. masc. C’était le vassal d’un autre vassal, ou celui qui tenait un fief d’un vassal qui relevait lui-même d’un seigneur. D’autres historiens entendent que Vavasseur était une dignité immédiatement au-dessous de celle de baron.

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