Catégorie : Dossiers patrimoine (Page 1 of 2)

Alain de Solminihac : sa vie et son oeuvre en bande dessinée

Evêque de Cahors de 1636 à 1659 après avoir été abbé de Chancelade en Dordogne, il lutta contre le désordre établi (la peste, la guerre civile, les disettes répétées, les duels, la pratique de l’usure….). Sa vie fut également consacrée aux déshérités accueillis dans de nouvelles fondations.
Avec le soutien de Louis XIII puis de la Régente Anne d’Autriche, il surmonta des oppositions acharnées et de nombreux complots….

Avec un texte écrit par Etienne Baux et illustré de 80 dessins originaux par Christian Verdun, découvrez la vie de ce grand personnage d’église dont on fêtera en septembre 2018 le 400e anniversaire de son ordination sacerdotale.
48 pages couleur, format BD 21 x 28,5 cm, couverture cartonnée, dos carré collé. PARUTION Mai 2018
PRIX PREFERENTIEL DE SOUSCRIPTION 12 € au lieu de 15 / Offre valable jusqu’au 15 mars 2018
Téléchargement du bulletin de souscription sur www.edicausse.fr

L'aérodrome de Cahors-Labéraudie / 1931-1970

Début des années 30, à l’ère du développement de l’aviation civile dopée par les progrès techniques initiés lors de la Première Guerre Mondiale, c’est le temps des héros, des records, des premières lignes intercontinentales, des rêves les plus fous. Avec la multiplication des terrains d’aviation, le plateau de Labéraudie va devenir, sur 14 hectares, et durant 40 années, le terrain officiel de l’Aéro-club du Quercy. A ces lieux seront associés de nombreux passionnées par l’aéronautique : Gaston Artigalas, premier président du club, Paul Orliac, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, le docteur Etienne Barret de Nazaris, Camille Baboulène, génial constructeur ….

Ouvert officiellement en avril 1935 et inauguré en juin en présence du ministre Anatole de Monzie, il était un refuge sûr pour les avions qui survolaient le relief accidenté de notre région. Des exploits dignes des pionniers de l’aviation seront réalisés à partir de cet aérodrome, tel le périple européen de M Laboudie sur un avion Caudron aiglon à moteur Renault …

Les meilleurs virtuoses de l’air viennent saluer cet aérodrome : Jérôme Cavali, as de la Seconde Guerre Mondiale, René Paulhan, Michel Detroyat …Puis vient le temps de l’ouverture à la jeunesse des premiers apprentissages pour démontrer le rôle d’avenir de l’aviation dans les relations entre les hommes.

Les notables de l’époque possédaient leur avion (Caudron, Potez, Henriot, Broussard, Jodel, Dewoitine…), sans oublier quelques célébrités qui ont fréquenté les lieux : Marguerite Moréno, actrice célébre qui résidait à Touzac, le chanteur Marcel Amont ainsi que les personnalités locales Maurice Faure et Georges Héreil, PDG de Sud-Aviation…

Deux avions furent même créés le « Pou du ciel » et l’ « Autoplan » par le docteur Etienne Barret de Nazaris, sans oublier le projet de M. Mourot pour la construction d’un appareil biplace l’ « Ortolan ». Une section aéromodélisme, animée par Camille Baboulène fut récompensée lors de la XVIe exposition aéronautique au Grand Palais à Paris en décembre 1938.

Quant aux meetings et baptêmes de l’air, ils assuraient également à l’aérodrome une fréquentation importante et la découverte par les champions et les novices des beautés de notre région…

Nous ne saurions clôturer la présentation de cet ouvrage sans oublier René Fournier, artiste reconnu au début des années 50, qui, disciple du Docteur Barret de Nazaris pour la technique de construction amateur en bois et toile, décidait alors de concevoir et de réaliser un « avion-planeur ». Aujourd’hui, si son nom et ses avions sont reconnus dans le monde entier, son passage à Labéraudie restera gravé dans toutes les mémoires des passionnés d’aviation ».

Auteur : Serge Austry – Claude Lufeaux. Préface de René Fournier, constructeur d’avions.
160 pages / 170 photos et documents d’époque / format 21 x 26 cm / broché, dos carré collé

Prix : 25 €

ISBN 9 782917 626139

Informations : www.edicausse.fr

Le patrimoine bâti du hameau de Pech Farrat (Gramat) en grand danger

Une société de négoce de matériel agricole a pour projet de s’installer route de Figeac (carrefour RD 840 et chemin desservant Pech Farrat et Saint-Chignes).
En ce lieu, sont regroupés une très belle grange-étable (voir photo), une maison d’habitation, diverses petites constructions rurales, des murets de pierre sèche, des arbres centenaires, le tout constituant de l’avis même de l’Architecte des Bâtiments de France, un ensemble architectural remarquable.
Non classé, cet ensemble ne bénéficie d’aucune protection et les habitants du hameau de Pech Farrat, fiers de leur patrimoine, sont opposés à la démolition.
Ils font appel au bon sens des décideurs pour que les témoignages du passé, très prisés des touristes en recherche d’authenticité, et qui procurent un cadre de vie exceptionnel aux habitants, ne soient pas détruits pour faire place à une construction métallique de plusieurs centaines de mètres carrés.
On peut signer la pétition en cliquant ce lien

Invitation – Visites de chantiers du patrimoine en Bouriane, le jeudi 15 septembre 2016

A quelques jours des journées européennes du patrimoine, Serge Rigal, président du Département du Lot, visitera deux chantiers concernant les monuments historiques, le jeudi 15 septembre 2016.

  • ·         14 h 30 : à Montcléra, le château nécessite une réfection des couvertures en ardoises et charpentes des tours rondes et du corps de logis, pour près de 150 000 € TTC de travaux.
  • ·         16 h 30 : à Léobard, la communauté de communes Cazals-Salviac a engagé depuis plusieurs années un lourd programme de restauration de l’Abbaye-Nouvelle et achève à l’automne 2016 la restauration des salles basses du monument pour un coût dépassant 375 000 € TTC.

Le patrimoine, un précieux héritage
Alors que d’autres collectivités départementales en France se désengagent de ce domaine, laissant l’État seul face à des propriétaires de plus en plus démunis, le Département du Lot ré-affirme aujourd’hui la nécessité d’investir dans la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine.
Le patrimoine est affaire de tous : il a besoin de notre soutien pour que les générations futures puissent continuer à profiter du cadre de vie exceptionnel qu’est le Lot. Cela participe à l’attractivité du territoire : ces édifices sont l’image de marque du département, ils constituent un atout culturel et touristique, et font vivre une partie de la population, que ce soient les hôteliers et restaurateurs ou les entreprises chargées de leur restauration.
Quoi de neuf pour le patrimoine lotois ? Un guichet unique et plus d’1 millions d’euros par an
Le Département du Lot a été le seul Département en France à avoir expérimenté une décentralisation des crédits dans ce domaine, en gérant les fonds du Ministère de la Culture destinés aux Monuments historiques.
Une nouvelle convention a été signée le 20 juin dernier entre l’État et le Département pour les trois années qui viennent, de 2016 à 2018.
Ce dispositif garantit la simplicité d’un guichet unique et un niveau d’investissement important pour le patrimoine protégé : les aides attribuées pour les collectivités et propriétaires privés peuvent atteindre jusqu’à 80% du coût des travaux.
Jusqu’en 2018, plus d’1 million d’euros seront ainsi apportés chaque année en faveur d’une soixantaine de chantiers, dont près de 300 000 € de crédits mobilisés par le Département du Lot sur ses fonds propres.

17 et 18 septembre, rendez-vous à Villesèque et Trébaïx

« Vivre ensemble dans un village autrefois », programme proposé par Sylvie Marroux, vice-présidente de l’Association pour la Sauvegarde des Maisons et Paysages du Quercy, dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine.
Samedi
15 h – Départ depuis l’église de Villesèque et visite du village de Villesèque
Durée 45’ / gratuit.
Dimanche
15 h : Promenade commentée dans le hameau de Trébaïx, (déplacement à pied et en voiture).
Départ à 15 h devant l’église St-Michel. Durée 1 h 30, gratuit.
Villesèque est à 15 km au sud-ouest de Cahors (D653), puis D656
+ d’infos sur www.asmpq.net

Modernité et paysages anciens : conférence de Catherine David

Conférence de Catherine David, architecte spécialisée dans le paysage, dans le cadre du cycle de conférences « Architecture et Paysages ».
Jeudi 28 avril à 18h30, espace Clément Marot à Cahors, salle 305, 3e étage.
Entrée 5 €
Certains objets ou édifices modernes témoignent immédiatement d’un intérêt de leurs auteurs pour le patrimoine paysager. L’observation de 4 exemples (une paire de fauteuils au bord d’un lac, une passerelle sur la rivière « Célé », une maison sur le causse et le musée Soulages à Rodez) passe en revue les fils tendus entre patrimoine et modernité, les ressorts de la complicité qui mettent nos réalisations d’aujourd’hui en intelligence avec le passé. Cette conférence est la présentation d’un regard qui a pour but de mettre des mots sur une chose à propos de la quelle il est généralement difficile d’exprimer notre ressenti : la modernité architecturale et son lien avec l’héritage paysager.
Organisation : ASMPQ

Le permis d’implantation d’éoliennes sur le Quercy blanc est refusé par Madame Ferrier, préfète du Lot

Cette décision dont on peut se réjouir et qui témoigne de la volonté collective de dire NON à un projet qui est incompatible avec notre environnement, peut néanmoins faire l’objet de recours.
Cependant, elle nous encourage à persevérer dans nos actions pour que notre Quercy ne soit pas terre conquise par des investisseurs en recherche de nouveaux profits au détriment de la richesse de nos paysages.

Une nouvelle association : Montcuq Patrimoine

Créée tout récemment avec pour objectif premier, la restauration de l’église Saint-Hilaire (Montcuq) elle organise un premier rendez-vous sous la forme d’une conférence sur le thème « La vie de Saint-Hilaire » par le professeur Marc Milhau.
Rendez-vous le vendredi 26 juin (18h), à l’église Saint-Hilaire (Montcuq).
Informations : 05 65 22 37 21 / montcuq.patrimoine@gmail.com

4èmes rencontres de l'AMTPQ

Les rencontres départementales organisées pour la quatrième année par l’AMTPQ lient cette année le chant à danser aux rencontres de musiciens et de danseurs, avec comme ambition de lier plus étroitement musiciens et chanteurs à la danse.
La dernière rencontre aura lieu le 30 mai prochain de 15h à 18h à la salle des fêtes de St Michel Loubejou (46) avec au programme :
Musique avec Rémi Geffroy : Pour tout musicien désireux de travailler la musique d’ensemble. Tous instruments acceptés. Le musicien doit être suffisamment autonome avec son instrument. Inscription : remigeffroy@hotmail.fr
Chant avec Lola Calvet : Chants polyphoniques et polyrythmiques librement  inspirés du répertoire de chants traditionnels quercinois, mais pas que! Tous niveaux. Inscription : calvet_lola@hotmail.fr
Danse avec Fabienne Vilate : Répertoire de danses en couple (scottishes et mazurkas), danses collectives (de Gascogne tout particulièrement), rondes chantées, danses du Limousin – les moutons, las teles, sautières. Tous niveaux. Inscription: fabi.vilate@wanadoo.fr
En soirée, bal animé par les musiciens, chanteurs et danseurs de la rencontre, puis les groupes De Que Maï, La bande à Jojo, Lola, Rémi, LéoLuc, et enfin scène ouverte à tous.

Organisé par l’AMTP Quercy  Renseignements : 05 65 38 28 86 ou  amtpq@wanadoo.fr

 

Les croix de pierre du Quercy Épigraphie, iconographie (*)

 
(*) Communication présentée lors des Rencontres archéologiques  de Saint-Céré, le 28 septembre 1998 et publiée dans : Annales des Rencontres (1999 – texte malencontreusement tronqué) et B.S.E.L., Tome CXXI, Avril-Juin 2000 (texte intégral). Nous reproduisons ici, le texte du B.S.E.L. 

 
Les croix de chemins sont indissociables de nos paysages quercynois. Mais des croix on en dressait aussi sur les places des bourgs et des hameaux (1) comme au milieu des cimetières. Objets de dévotion, la plupart étaient autrefois le but de processions pour les Rogations (2) et les principales fêtes religieuses.
Seules les croix de pierre retiendront ici notre attention. Indépendamment de leur signification symbolique, commune à l’ensemble des calvaires, elles présentent un double intérêt. D’une part elles nous documentent sur l’activité et le savoir-faire des maçons et tailleurs de pierre (3) de nos villages. D’autre part leur étude contribue à nous éclairer sur certains aspects des mentalités populaires de leur époque.
Encore faut-il que ces modestes monuments lapidaires soient parlants, autrement dit qu’ils nous livrent des inscriptions ou un décor interprétables par tout observateur attentif. C’est pourquoi nous avons laissé de côté les innombrables croix ou calvaires anépigraphes et aniconiques.
Il convient de noter que la majorité des croix de pierre ornées se situent sur les Causses de Limogne et de Gramat. La présence d’un calcaire de bonne qualité et relativement facile à travailler n’est pas étrangère à cette particularité.
 

EPIGRAPHIE

 
 
 

La date
C’est l’élément qui permet de situer l’objet dans le temps. Elle est presque toujours gravée, même si le décor est en relief. Pour certaines c’est le seul signe d’identification, à l’exclusion de toute inscription et de tout décor, telle une croix d’Issepts qui serait à notre connaissance la plus ancienne millésimée (1602). Du début du XVIIe siècle sont aussi des croix de Bio (1607), Montfaucon (1619), Cahors-La Rozière (1621), Limogne (1625). Toutes sont postérieures aux guerres de Religion qui ont probablement vu la destruction quasi systématique de la plupart des calvaires (4).
L’implantation de croix s’accélère vers la fin du XVIIe siècle, puis s’intensifie au cours du XVIIIe et jusqu’à la Révolution. On connaît même une croix de Belfort-du-Quercy datée de 1793, ce qui est un cas assez exceptionnel. En application des lois en vigueur, d’innombrables croix ont été brisées pendant la période révolutionnaire. Dans de nombreuses paroisses, elles ont été cachées et sont réapparues dès le rétablissement du culte. On trouve des croix datées de 1797 (Goujounac), 1801 (Varaire, Lacamdourcet, Lavergne, Camy-Luzech), 1802 (Belfort-du-Quercy, Fontanes-Lalbenque), 1803 (Carlucet) (5).
Tout au long du XIXe siècle on voit une intense floraison qui se tarit avec le début du XXe. La plus récente croix datée serait à Laramière (1931).
Quelques croix portent deux dates, celle de l’érection et celle de la restauration. Calvignac possède un spécimen affichant trois millésimes (1728, 1838, 1866).
On relève de rares dates libellées en chiffres romains, toutes de la fin du XVIIIe (6).
Le titulus (I.N.R.I.)
Abréviation de Iesus Nazarenus Rex Judaeorum (Jésus de Nazareth roi des juifs). Ce « sigle » figure sur la plupart de nos croix depuis le XVIIe siècle (7). Le titulus est généralement inscrit sur la partie supérieure du bras vertical, plus rarement au centre du croisillon. C’est dans certains cas l’unique inscription visible (Cremps, Francoulès, Lunegarde, Saint-Privat de Flaugnac). Le tailleur de pierre ne sachant souvent ni lire ni écrire, il arrive que le titulus soit incomplet ou à peine ébauché.
Le monogramme du Christ (IHS)
Ces trois lettres résument la formule Iesus Hominum Salvator (Jésus Sauveur des Hommes). Le H est parfois surmonté d’une petite croix ; il est éventuellement représenté seul, le I et le S étant oubliés.
Le monogramme peut être associé au titulus (Limogne 1660, Beaumat 1676, Esclauzels 1683…). Il est alors tracé le plus souvent au centre du croisillon et se substitue à l’image du Christ. De rares croix portent le monogramme sans le titulus : Reilhaguet (1634), Capdenac-le-Haut (1667), Saint-Pierre-Toirac (1723), Cours…
Comme le titulus, le monogramme fait son apparition sur les croix quercynoises au XVIIe siècle (8).
Le monogramme de la Vierge
Il se compose des lettres M et A, séparées ou entrelacées. Seul ou associé au monogramme du Christ, il est fort peu utilisé : Sarrazac (1666), Rocamadour (1762), Carennac (1861). Une croix de Rudelle (1692) porte sur la traverse l’inscription Marie en toutes lettres, et sur la face d’une croix de Soulomès (XIXe) on lit Jésus Marie à l’exclusion de tout décor.
Noms et initiales
On trouve de temps à autre le nom, ou le nom et le prénom du donateur, c’est-à-dire de la personne qui a fait exécuter la croix.
Exemple : Iean Rescosseri noter a faict fair (Lalbenque, 1668). (9)
Le donateur peut être le maçon ou le tailleur de pierre lui-même qui mentionne parfois sa profession.
Exemple : Portal masson (Varaire, 1784).
Mais nom et prénom se résument souvent à des initiales. Il arrive que deux ou plusieurs personnes s’associent pour partager la dépense (Lalbenque 1769, Limogne 1868).
Inscription diverses
En dehors des mentions rappelant qu’une croix a été érigée à l’occasion d’une mission ou d’un jubilé (10), on relève de-ci de-là quelques inscriptions pieuses :
– Sta Maria Mater Dei ora pro nobis (Belfort-du-Quercy, 1793).
– Jésus Christ crucifié (Parnac, Cels, 1776).
– O crux ave (Gignac, XIXe).
– O crux ave spes unica (Promilhanes, 1826).
– Je vous salue ô croix notre espérance (Issendolus, Gabaudet).
– Noli me tangere (Belmont-Sainte-Foi, XVIIIe) (11).

Les longues inscriptions sont rares en raison de la surface disponible restreinte (12). Peut-être aussi parce que beaucoup de tailleurs de pierre, illettrés, éprouvaient des difficultés à graver un texte, même avec un modèle. Certaines inscriptions sont d’ailleurs absolument indéchiffrables. Dans la première hypothèse elles sont libellées sur le socle , mais elles restent exceptionnelles. En voici quelques exemples :
– In cruce protectio ab hostibus (Cieurac, cne de Lanzac).
– Pensez à la mort et vous ne pécherez pas (La Ponchie, cne de Cahus).
– Le 1 mai 1856. Penser à la mort. Pécheur Jésus est mort pour nous (Miran, cne de Luzech).
– Limite du Tarn-et-Garonne/Lot (Vidaillac, 1906). Ici le monument tient lieu de borne départementale.

Les très rares croix commémorant un fait divers (crime ou accident), toutes du XIXe siècle, portent rarement une épitaphe. Celle-ci figure généralement sur le socle, mais on peut citer quelques exceptions :
– A Loubressac, sur la face de la « Croix d’Hélène » (13) on peut lire : A la mémoire d’Hélène Bombezy morte martyre en ce lieu en 1844.
– A Crayssac (D 6) : 1855, Ici a péri M. Duburgua, priez pour lui.
– Aux Arques (D 13) : Gizard Jean-Louis, priez pour lui, 1866.
– A Douelle (D 8) : Ici a péri Rigal Jean Pierre Depeyrot de Douelle âgé de 69 ans (le reste de l’inscription figure sur le socle : par accident d’un cheval le 20 mai 1863, priez pour lui).

ICONOGRAPHIE

Figurations humaines

Le Christ
C’est l’image emblématique, en plus ou moins fort relief, qui figure sur de nombreuses croix (14).
De facture souvent naïve, il est représenté de différentes façons. Les bras sont soit tendus horizontalement (à la manière des Christs romans), soit levés, plus ou moins écartés, parfois presque verticaux à la mode janséniste. Sur une croix de Vidaillac (XVIIIe s.) le Christ a les bras abaissés, presque pendants.
Les pieds sont presque toujours séparés (là encore selon les modèles romans), mais ils peuvent aussi être posés l’un sur l’autre. Les doigts des mains et des pieds sont quelquefois dessinés. La tête est droite ou légèrement penchée. Les yeux, le nez, la bouche, la chevelure, sont parfois sommairement figurés. Les hanches sont habituellement ceintes du perizonium.
La Vierge
Seule ou portant l’enfant Jésus, elle apparaît sur plusieurs calvaires, au dos de la croix, faisant pendant au Christ représenté sur l’autre face (Montvalent, Prangères, cne de Gramat). On la trouve également sculptée sur le fût, les mains jointes, dans un décor en forme de niche (Aujols, Belmont-Sainte-Foi, Cahors-Saint-Cirice, Cieurac, Lalbenque, Laramière). A Aujols et à Cremps on voit deux croix de facture semblable où les pieds de la Vierge reposent sur une coquille (celle de Cremps est datée de 1748, l’autre est probablement de la même époque).
Deux croix méritent une mention spéciale pour leur originalité. La première est à Prayssac (Meymes). Sur une face : le Christ. Sur l’autre : une tête posée sur un corps cylindrique ressemblant à un enfant emmailloté ; représentation fruste et schématique de la Vierge, drapée de la tête aux pieds dans un vêtement aux plis enserrant le corps et couronnée d’un demi-disque horizontal. La seconde se trouve à La Masse (cne des Junies). D’un côté : un ostensoir. Au revers : la même silhouette « emmaillotée » qu’à Prayssac, mais ce sont deux têtes, de même grosseur, qui émergent du vêtement, sous le même type de couronne. Là, le tailleur de pierre a voulu montrer une Vierge à l’Enfant, entortillée dans une longue robe aux plis obliques. Ces deux exemples sont à rapprocher d’une croix plus petite, sans doute une ancienne croix de chemin, conservée à Castelfranc. Sur une face est sculpté le Christ. Sur l’autre une Vierge à l’Enfant d’une facture identique à celle de La Masse, mais ici la tête de l’enfant est très logiquement plus petite que la tête de la mère. Castelfranc se situant à 2,5 km de Prayssac et à 3 km de La Masse, on est tenté de proposer un même « atelier » pour les trois œuvres. Seule la croix de La Masse est datée (1820).
Autres personnages
Sur le fût de la croix, au lieu de la Vierge, on voit quelquefois un personnage debout, généralement vêtu d’une sorte de blouse paysanne qui pourrait aussi bien passer pour une chasuble (Belmont-Sainte-Foi 1733, Saint-Géry 1777…). Il s’agit vraisemblablement de l’image du donateur.
A Cremps on a une croix de 1855 dont le Christ est absent, remplacé par un ostensoir, mais où figurent une Vierge à l’Enfant et deux personnages inattendus occupant les bras de la traverse : à gauche un prêtre en chasuble, à droite un évêque mîtré tenant une crosse.
A Cieurac, comme à Prangères (Gramat), deux petites silhouettes, très schématisées, se tiennent aux pieds du Christ. Il faut y voir apparemment la Vierge et saint Jean.
A Prudhomat (Pauliac) ce sont deux anges sonnant de la trompette qui encadrent le Christ en croix.
A Crayssac (Mas de Bastide), un cavalier chevauche une monture.
Les « têtes »
On remarque sur quelques croix des têtes isolées qui font penser aux « têtes coupées » de l’iconographie gauloise (15), de même que certains personnages figurés sur les fûts évoquent les sujets représentés sur les stèles funéraires gallo-romaines.
Ainsi trois têtes font partie du décor sur la base d’une croix de Lalbenque. Sur une croix de Laramière (1668) on n’en compte pas moins de cinq (une sur chacun des trois bras du croisillon, plus une sur chaque face latérale du montant). Chaque tête est sobrement animée par des incisions figurant les yeux, le nez et la bouche.
A noter aussi une tête en saillie, seul ornement figurant sur le montant de la croix du cimetière d’Artix à Sénaillac-Lauzès (1837) et une autre au dos d’une croix de Latouille à Latouille-Lentillac (1819).
On ne sait exactement quelle signification attribuer à ces emblèmes « céphaliques ». Peut-être figurations réductrices de personnages non identifiables (saints, donateurs ?) que le tailleur de pierre renonçait à sculpter en entier.
On peut signaler encore le thème de la « tête de mort » gravée au centre d’une croix de Varaire (1844) accompagnée de trois paires de tibias croisés. On la retrouve, sculptée sur deux croix, sans doute de la même main, à Carlucet (Graule-Basse) et à Saint-Projet. Mais là, placée sous les pieds du Christ, elle symbolise le Golgotha, nom de la colline de Jérusalem où se déroula la Crucifixion (en hébreu golgotha signifie « le crâne »).
La main
Nous ne connaissons qu’une seule représentation de la main isolée, censée désigner la dextre bénissante du Seigneur (Baladou). A ne pas confondre avec la main rappelant le soufflet infligé à Jésus au cours de la Passion (Felzins).

Symboles religieux

La croix
On a là le signe le plus simple, figuré en principe au centre du croisillon, lorsque le tailleur de pierre ne se hasarde pas à façonner l’image du Christ. Croix latine, rarement grecque, pattée ou non, parfois fleurdelisée.
L’ostensoir
C’est le motif symbolique le plus répandu. Il apparaît vers 1740. On le voit au centre de la croix, à la place du Christ, ou sur le fût. Son dessin varie selon l’habileté du lapicide. Il peut se réduire à une gravure constituée d’une simple croix grecque inscrite dans un cercle et portée par une tige filiforme reposant sur un support triangulaire (Lalbenque, 1761). Toujours stylisé mais plus élaboré, il se garnit de stries rayonnantes et se couronne d’une petite croix (Saint-Hilaire-Lalbenque, 1879). Les ostensoirs sculptés en relief se rapprochent des modèles observés, avec la lunule centrale (destinée à recevoir l’hostie), la hampe ornée d’un nœud médian et un pied en demi-lune ou mouluré.
L’image de l’ostensoir, comme ultérieurement celle du calice, paraît en relation avec le renouveau de la dévotion au Saint-Sacrement animée par les confréries présentes dans la quasi-totalité des paroisses du diocèse.
Le calice
Au XIXe siècle le calice accompagne parfois l’ostensoir (Laramière, Saillac, Vidaillac…). A Promilhanes il y a deux croix qui représentent sur une face l’ostensoir et sur l’autre le calice avec l’hostie.
Le ciboire
On n’en connaît qu’un spécimen, voisinant avec l’ostensoir, à Pontcirq (Valdié, 1771).
Le cœur
C’est un motif assez fréquent. Il est quelquefois dessiné renversé, la pointe en haut, sans que ce détail ait une signification particulière. Sur les croix il est considéré comme le symbole de l’amour de Dieu ou la marque de la dévotion au Sacré-Cœur. Celle-ci connut un large développement à partir du XVIIe siècle(16).
Le cœur se rencontre seul, accompagné d’un ou deux autres cœurs, ou encore associé à d’autres motifs.
Les instruments de la Passion
Ils ont la faveur des lapicides expérimentés. Il peut s’agir d’un seul élément, comme par exemple la couronne d’épines schématisée, ordinairement au centre du croisillon, par un cercle simple, double ou torsadé.
Les autres objets les plus fréquemment représentés sont le marteau et les tenailles. Mais on trouve aussi l’échelle (17), les trois clous de la crucifixion (18), la lance et le porte-éponge (19), le fouet de la flagellation et la main du « soufflet » (20), l’aiguière de Ponce Pilate (21), le calice qui a recueilli le sang du Christ, les trente deniers de Judas (22).
Les chandeliers
Portant un cierge, ils encadrent une croix ou un ostensoir : Laramière (1760), Puyjourdes (1760), Crayssac (1762), Lamagdelaine (1893)…


Motifs végétaux

Rosaces diverses, fleurs à six pétales (23), rameaux (24), fleurs de lis (25), gerbe de blé (26). L’exemple le plus remarquable est une croix de Ginouillac (1826) dont la face est entièrement décorée de branches feuillues.


Autres motifs

Associés ou non à d’autres sujets, on peut rencontrer ici ou là des motifs variés, peu répandus, à connotation symbolique ou purement décoratifs. Citons les motifs circulaires (cercles simples ou concentriques, rouelles), la spirale (27), le triangle, emblème de la Trinité (28), la tiare et les clés, symboles du Saint-Siège (29). Il faut ajouter à cette énumération le motif de la « virgule ». Il figure sur chacun des bras latéraux de la croix de Pissepourcel à Aujols, de part et d’autre de l’ostensoir. A Padirac, ce sont quatre virgules assemblées par la pointe qui forment une figure communément appelée la « croix basque » (30).

Représentations animales

La colombe du Saint-Esprit figurée à l’intérieur de la couronne d’épines, se voit sur deux calvaires semblables, à Carlucet (Graule-Basse) et à Saint-Projet.
Des lions, visiblement inspirés du bestiaire héraldique, sont sculptés sur deux croix, également proches par leur style : une à Lalbenque, l’autre à Cieurac. Sur la première ils sont affrontés, sur la seconde ils sont répartis sur les faces latérales de la hampe (31).
Le serpent a inspiré les tailleurs de pierre de Carlucet et de Saint-Projet (il s’agit sans doute du même artisan), mais on le trouve aussi à Reilhac (1836) et à Montet-et-Bouxal (Bouxal, XIXe). A Douelle (1873), le serpent est symboliquement enchaîné, mis hors d’état de nuire par le sacrifice du Christ. Personnification de Satan, et symbole du péché originel, il est habituellement sculpté sur le fût de la croix, la tête en bas, présentant la pomme de la tentation à laquelle Eve ne sut pas résister.
Le coq, plus ou moins bien dessiné, figure deux fois sur un calvaire de Pontcirq (Valdié, 1771). A Limogne (1755) et à Vidaillac (1832), il trône sur le bras vertical. A Cénevières (1826), il s’exhibe au milieu du croisillon, à la place du Christ et dominant l’ostensoir. Le coq est considéré à la fois comme le signe de la vigilance chrétienne face aux forces maléfiques (à la manière du coq des clochers) et comme un rappel du reniement de saint Pierre (il se rapporte alors au thème de la Passion).
Dans le genre volatile, on a un aigle « empiétant un foudre » sur une croix de Cremps (32).
Pour essayer d’être complet, nous mentionnerons quelques quadrupèdes. A Pontcirq (Valdié) c’est un cheval qui caracole. A Crayssac, au revers du croisillon, on peut reconnaître une chèvre, un cheval (ou une mule) et un autre équidé portant un cavalier.
Et pour faire bonne mesure, nous ajouterons un poisson, vieux symbole paléochrétien du Christ (Douelle, 1873).

Observations générales et cas particuliers

Compte tenu du nombre de croix disparues, et en se basant uniquement sur celles qui subsistent et sont bien datées, on peut constater que les exemplaires du XVIIe siècle portent peu d’inscriptions et n’offrent que de rares décors. Il faut attendre le XVIIIe pour trouver un assortiment significatif d’œuvres ornées.
Si la plupart des croix présentent un décor très sobre, certaines nous révèlent une iconographie particulièrement intéressante. Nous rappellerons seulement quelques exemples déjà cités.
Une croix d’Esclauzels (1761), une autre de Crayssac (1762) et une troisième de Felzins (1768) arborent chacune une belle collection d’instruments de la Passion. Les superbes calvaires de Lalbenque et de Cieurac (1842) accumulent figures et symboles. Il en est de même des calvaires de Carlucet (Graule-Basse, 1788) (33) et de Saint-Projet qui, avec le Christ et le Paraclet, mettent en évidence le serpent de la Genèse, associant ainsi le péché originel et la rédemption. La croix de Carlucet a de plus une curieuse particularité : sous chaque bras est suspendue une petite pierre polie. Ce détail inhabituel ne laisse d’ailleurs pas d’intriguer (34).
On peut aussi mentionner, parmi les œuvres atypiques, le calvaire de Montanty à Gramat (1859) montrant sur la croix les instruments de la Passion et sur le socle un bas-relief représentant deux convives attablés se partageant un chevreau. Si on cherche un sens symbolique à cette scène inattendue, on peut imaginer une évocation de la Cène réduite à deux personnages. La facture est naïve mais assez réaliste.
 

EN GUISE DE CONCLUSION

 
 
 

Nous venons d’examiner un aspect particulier du travail de nos tailleurs de pierre. Ceux-ci, il faut le dire, ont aussi exercé leur talent sur des linteaux de portes, de fenêtres ou de cheminées que nous avons eu l’occasion d’étudier naguère. Là l’épigraphie est pauvre, mais les décors sont relativement fréquents et variés. On y retrouve un certain nombre de motifs et symboles que nous avons répertoriés sur les croix.
Certes la comparaison des croix du Quercy avec les calvaires bretons nous incite à la modestie. De même nous reconnaissons volontiers que l’activité des tailleurs de pierre-sculpteurs de l’Auvergne, du Rouergue, du Gévaudan… a dépassé en quantité, et souvent en qualité, la production de nos artisans quercynois. En revanche, si on jette un regard sur d’autres régions, on s’aperçoit que nos compatriotes méritent une place plus qu’honorable parmi leurs confrères du Midi ou d’ailleurs.
Cela dit, les croix de pierre restent les témoins majeurs d’un art populaire disparu qui a su traduire simplement mais avec sincérité les croyances religieuses de nos aïeux. Nul ne contestera la nécessité de les recenser, de les entretenir et de les protéger du vol et du vandalisme. Ne serait-ce qu’au nom de la conservation de notre patrimoine culturel.

Pierre Dalon, vice-président de la Société des Etudes du Lot

Notes
1 – On n’en trouve guère, et sauf exceptions elles sont sans intérêt, dans les agglomérations urbaines.
2 – Héritières des Robigalia romaines, les cérémonies des Rogations se célébraient depuis le Ve siècle. Pendant les trois jours précédant l’Ascension, on se rendait en procession aux diverses croix de la paroisse et on y priait pour l’abondance et la protection des récoltes.
3 – En général ces deux métiers se confondaient, surtout en milieu rural.
4 – Parmi les rares rescapées on connaît la croix du parvis de l’église de Beauregard (autrefois sur la place de la halle), le calvaire du cimetière de Puy-l’Evêque et la croix du cimetière de Thégra. Elles ne portent aucune date mais on les attribue à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle.
5 – Cette croix de Carlucet est la seule datée selon le calendrier républicain (An 11).
6 – A Esclauzels, le tailleur de pierre (un certain Courrejou, connu par ailleurs) a daté quelques croix MDCCLX et MDCCLXI.
7 – On sait que lors de la crucifixion cette inscription avait été apposée par dérision au-dessus de la tête du Christ.
8 – Remplaçant le Chrisme d’origine paléochrétienne, le nouveau monogramme est apparu en Quercy vers la fin du XVe siècle sous l’influence des Franciscains avant d’être largement répandu au XVIIe siècle par les Jésuites. Une autre interprétation, plus ancienne, fait de I.H.S. l’abréviation du mot grec IHSOVS.
9 – Un notaire de ce nom est attesté à Lalbenque à cette époque.
10 – Mission : suite de prédications organisées dans une paroisse pour l’instruction des fidèles et la conversion des pécheurs. Jubilé : indulgence plénière accordée par le pape pendant une « année sainte ».
11 – Paroles de Jésus lors de son apparition à Marie-Madeleine après la Résurrection.
12 – A Limogne (Ferrières-Bas), la totalité de la face antérieure de la croix est occupée par l’inscription ainsi répartie : INRI/souvenir de la Mis/sion/des/ pères/ capu/cins/ 1868. Cette mission a particulièrement marqué la paroisse puisqu’on y relève au moins quatre croix datées pour la rappeler.
La « croix » de Prudhomat, taillée en forme de losange et inscrite sur la totalité de sa surface, que l’on cite parfois, est une stèle funéraire réemployée comme croix de chemin.

13 – En bordure du vieux chemin de Padirac.
14 – A Capdenac (1667) et à Cremps (1900) on peut voir le Christ traité presque en ronde bosse, d’une facture très rustique.
15 – On en trouve en particulier sur des croix de la Haute-Auvergne où elles sont considérées comme des survivances de l’art celtique par l’intermédiaire de l’art roman.
16 – A la suite des visions de sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Montal.
17 – Facile à dessiner, l’échelle est parfois le seul instrument figuré : Varaire (1784), Beauregard (1787), Tour-de-Faure (1834), Aujols (1847), Crayssac (1850).
19 – Un bon exemple à Lavercantière (Saint-Martin-le-Désarnat).
20 – Felzins (1768).
21 – Esclauzels (1761), Crayssac (1762).
22 – Felzins (1768), Lentillac-Saint-Blaise (1708).
23 – La fleur à six pétales (qu’on qualifie aussi d’étoile) est un vieux motif, tantôt décoratif, tantôt assimilé à un symbole solaire comme la rouelle de l’iconographie celtique.
24 – Le rameau vertical est éventuellement interprété comme le symbole de l’arbre de Vie ou de l’arbre de Jessé.
25 – Motif ornemental ou symbolique. Dans ce dernier cas, la fleur de lis peut être vue, soit comme un des attributs de la Vierge, soit comme l’emblème de la Royauté (ce qui n’est pas incompatible).
26 – Aujols.
27 – La spirale passe notamment pour symboliser le cycle de la vie et de la mort. Une croix de Couzou (Lapannonie, 1846) comporte un décor simplifié : au centre une spirale et sur le fût six « écots » alternés dont le sens reste inexpliqué (sauf à représenter le tronc d’arbre ébranché avec lequel avait été faite la croix du Golgotha).
28 – Saint-Martin-le-Désarnat, cne de Lavercantière.
29 – Pestilhac, cne de Montcabrier (1874).
30 – Certains auteurs comparent ce motif à la svastika, vieux symbole solaire celtique, comme la rouelle. Très répandue au Pays Basque, la virgule, seule ou « en croix », passe généralement pour un signe apotropaïque. Tout à fait exceptionnel sur nos croix de chemins, ce motif se trouve par contre sur de nombreux linteaux disséminés en Quercy ainsi que sur des monuments funéraires de Cazals et de Marminiac.
31 – Le lion est un symbole ambivalent qui peut, par exemple, représenter aussi bien le Christ que le démon.
32 – Cette croix datant de 1855, on peut penser que le tailleur de pierre (ou plutôt son client) tenait à afficher des opinions bonapartistes. De même qu’ailleurs la présence de fleurs de lis, en particulier sous la Restauration, pouvait exprimer l’attachement à la monarchie.
33 – Cette croix ne porte pas de date, mais on sait par un document conservé aux archives diocésaines (Ms A 74) qu’elle a été sculptée en 1788.
34 – On pourrait y voir, à l’imitation des croix wisigothiques, la figuration symbolique de l’alpha et de l’oméga. Pour notre part, nous y verrions plutôt une représentation des « pierres du tacou », ces talismans que l’on pendait jadis au cou d’une brebis pour protéger l’ensemble du troupeau contre les maladies et les sortilèges. Dans les étables et les bergeries elles passaient également pour protéger de la foudre. A ce propos on peut se reporter à une communication de Pierre Soulié dans le Bulletin de la Société des études du Lot (4e fascicule 1976, p. 305).
 
Bibliographie
Dalon Pierre, Les croix de pierre sur le Causse de Limogne. Bull. de la Société des études du Lot, 3e fascicule 1976.
Girault Jean-Pierre et Billiant Pierre, Les croix de chemins et de villages dans le Haut-Quercy (région de Martel, Souillac et Vayrac). Annales des Rencontres archéologiques de Saint-Céré. N°4, 1995.
Blaya Nelly, Les croix de Rogations. Quercy-Recherche, n°64, 1986.
Dalon Pierre. L’art lapidaire dans l’architecture rurale du Quercy (XVIe-XXe siècle). Bull. de la Sté des études du Lot, 3e fascicule 1986.
Baudoin Jacques, Les croix du Massif Central. Editions Créer, 1989.

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