Catégorie : Dossiers Généalogie

Galiot de Genouillac, Seigneur d'Assier, Grand maître de l'artillerie de François Ier

galiot

Léonard Limosin – Portrait de Galiot de Genouillac entre 1540 et 1546 – émail peint sur cuivre – H : 19,6 ; La : 14,2 – Limoges, musée municipal de l’Evêché [inv. 87.446] – Achat, 1987. – Cliché F. Magnoux.

Jacques de Genouillac, – dit Galiot, est né en 1465, de Jean II Ricard de Gourdon de Genouillac et de Catherine Del Bosc descendante de la famille d’Assier.
En 1480 il devient Page du Roy Louis XI ; à la mort de celui-ci, le Roy Charles VIII lui succède. Galiot est admis dans l’une des Compagnies des Gentils-hommes de la Garde du Roy en 1491. Il devient écuyer du Roy, en 1492 Grand écuyer du Dauphin. A l’avènement de Louis XII en 1498, il est Capitaine de Francs Archers du Quercy, Agenois et Gascogne. Il est en outre Capitaine d’une compagnie de 25 lances.
En 1501, il prend part aux opérations de la Flotte Chrétienne contre les Turcs en mer Egée. Jusqu’en 1512, il est de toutes les campagnes, Flandres, Italie. Cette année là, il est nommé maître et Capitaine Général de l’artillerie, le 16 mai 1512. En 1515 Louis XII décède, François Ier lui succède et confîrme Galiot dans ses charges.
En août 1515, le seigneur d’Assier fait franchir les Alpes à 72 gros canards et 2500 pionniers par les cols de Mont Genèvre et de Suze. Les 13, 14 et 15 septembre 1515 : Bataille de Marignan et victoire des armés Françaises grâce à Galiot et à son artillerie.
En 1520, il organise l’entrevue du « Camp du Drap d’Or » entre Henri VIII d’Angleterre et François Ier. Il commande et guerroie un peu partout jusqu’à la campagne du Milanais qui débute en 1524.
Le 25 Février 1525 : désastre de Pavie, François Ier est capturé ainsi que son fidèle maître d’artillerie.
Galiot de Genouillac, relâché, s’occupe le la libération de son Roy et fait merveille dans cette tâche diplomatique. Après le retour du Roy en 1526, celui-ci le nomme le 2 mars, Grand Ecuyer de France et, lui confère l’ordre de St Michel. Cette charge de Grand Ecuyer lui donne la troisième place dans le Royaume, après le Roy et le Connetable.
En 1530 il organise : le retour des Fils de France, gardés en otages en Espagne depuis 1526 et la réception à Bayonne de la future Reine Eléonore, soeur de Charles Quint. Malgré qu’ils soient Beaux-frères François Ier et Charles Quint entament une troisième guerre.
Nous conquérons la Savoie et le Piémont. La compagnie de 100 lances, qui appartient à Galiot, est commandée par son fils François d’Assier de Genouillac. Celui-ci, fils de Galiot et de sa deuxième épouse Françoise de la Queille, sera tué en 1544 à la Bataille de Cerisoles qui sera une victoire.
En 1541 il est nommé aussi Lieutenant Général en Guyenne. En 1542 au début de la quatrième guerre avec Charles Quint le Grand Ecuyer de France, seigneur d’Assier est blessé au siège de Perpignan. Il dirige en 1544 le siège de Luxembourg avant la campagne de Cerisoles en Italie, où son fils devait trouver la mort.
Le 23 février 1546, il devient Lieutenant Général pour le Roy et est nommé Gouverneur du Languedoc. Le 15 octobre 1546 le seigneur Galiot meurt après une vie d’Honneur et de Gloire au service de la France. Seule reste de la Famille de Genouillac : Jeanne de Genouillac, que Galiot eut en 1512 de son mariage premier avec Catherine d’Archiac Dame de Lonzac (Charente Maritime), laquelle Jeanne était l’épouse du seigneur Charles de Crussol Vicomte d’Uzès (maintenant Duc de Crussol d’Uzès). La fille de Galiot, héritière de tous ses biens par la mort de son frère, François d’Assier, brave et vaillant et seigneur, qui reçut une blessure mortelle à la bataille de Cérizolles, fut d’abord mariée à un Cruzol d’Uzès, et épousa, en secondes noces, le comte de Rhin-Saluces. Dans une transaction, passée en 1558 avec Hebrad, seigneur de Saint-Sulpice, elle se qualifie de dame d’Assier, comtesse de Rhin et de Quercy, femme de Jean Philippe, comte de Rhin-Saluces, colonel d’un régiment de vingt enseignes de Lansquenets.

Les Camy d'Aymare seigneurs d'Aymare, Bonnecoste, La Melve

par Jean LARTIGAUT, Président de la Société des Études du Lot, Docteur en histoire de l’Université Toulouse-Mirail Publié dans : Moi-Géné n° 17 (Avril 1996)

armes Camy

Les armes de Jean de Camy


 
Armes de Jean de Camy, sieur d’Aymare « D’azur à une licorne d’argent passant sur une terrasse de sable, et un chef cousu d’azur chargé de 3 étoiles d’or » D’après d’Hozier, II, 1217-1283
Nous nous étions proposé il y a quelques années de consacrer une série de notices aux anciennes familles du Vigan. Nous espérions ainsi donner une vue d’ensemble des notables d’une bourgade rurale jadis importante. Ayant renoncé à ce projet pour nous consacrer plus particulièrement au 14 et surtout 15ème siècles, nous avons voulu cependant tirer partie d’un certain nombre de fiches.
Après les GLANDIN, les PELEGRY au 16ème siècle, les MASSAUT, voici aujourd’hui les CAMP D’AYMARE, famille toute militaire sous l’Ancien régime, mais dont les origines encore obscures paraissent assez modestes. Le plus lointain ancêtre des Camy d’Aymare pourrait être Bernard de Camy qui tenait taverne à Gourdon en 1313 (A.C. Gourdon, FF 42), vraisemblablement originaire de la proche paroisse de Camy. On rencontre ensuite un ecclésiastique : Guillaume de Camy (de Camino), prêtre et notaire qui fut chanoine du Vigan. Le 12 juillet 1443, dans la salle du Collège Pélegry à Cahors, Guillaume de Camy recteur de Piquecos est témoin à la nomination comme collégiat de Pierre de Bassinhac par noble Flotard Ebrard, sgr de Saint-Sulpice, patron du collège.
Le 9 octobre 1447, dans l’église Saint-Maurice de Cahors, Guillaume de Camy, prêtre, chapelain de la chapellenie fondée par feu Raymond de Salvanhac, chevalier de Cahors, dans ladite église « pro cantanda », requiert Nicolas de Lentilhac, prêtre, en vertu de l’instrument de collation fait en faveur dudit Guillaume par noble Guidon del Peyronnenc procureur de noble Bertrand son frère, de le mettre en possession de la chapellenie pour le service de l’autel majeur de Saint-Maurice, comme le fut Pierre de Ulmo, prêtre, recteur de Marminiac, dernier chapelain.
Le 13 avril 1448, à Cahors, prudent homme Arnal de Brolio, marchand de Gourdon, arrente à dom Guillaume de Camy prêtre, une borie avec 2 moulins sur les bords de la Melve, dans les appartenances de Gourdon confrontant chemin du Vigan à Nozac, Pech dit « Pueg Io Buo », landes de don R. d’Issac alias Vinhalibus, chemin de Gourdon à Payrac et borie d’Arnal Ayguas sous le cens d’un sétier de froment. Témoins : noble Guidon del Peyronnenc et dom Jean Compte prêtre de Montfaucon; J. de Putéo, notaire royal.
Le 29 juillet 1452, Guillaume est qualifié chanoine du Vigan dans un acte où il apparait comme témoin. Il s’agit d’un bail à fief de diverses terres dans Soucirac consenti par noble Pierre de Ricard de Gourdon seigneur de Reilhac, Ginouillac, Saint-Projet, Soucirac et coseigneur du Vigan, en faveur de Pierre et Raymond d’Issac alias Vinhalibus, le second notaire de Cahors. En 143, l’hospitalier de l’hôpital Sainte-Catherine de Gourdon arrente à Me Guillaume de Camy prêtre, un bois dans la paroisse du Vigan au terroir de Las Galinardes. En 145, autres arrentements au même par le chapelain de la chapellenie de Lacoste. A vrai dire, il existait deux Guillaume de Camy, également chanoines du Vigan.
Seul un acte de novembre 1467 permet de les distinguer à l’occasion de la mise en possession d’un canonicat de Pierre de Durfort-Boissières (qui fut recteur de Saint-Projet), paraissent Guillaume de Camy senior, sacriste du monastère et Guillaume junior, simple chanoine. (Il était en 1462 recteur de Pinsac et de Terregaye selon le chanoine Albe). La même année, noble Guidon del Peyronnenc, seigneur de Saint-Chamarand, Loupiac, Labarde, arrente diverses terres à Loupiac et à Labarde à divers tenanciers dont Me Guillaume de Camy, chanoine du Vigan. L’année suivante, approbation par le chapelain de Moussac à Gourdon, de l’acquisition faite par Me Guillaume de Camy à Gourdon d’un boutge au Majour entre les portes del Majour et de Saint-Jean. Autre approbation par le chapelain de Lacoste de l’achat par le même d’un bois aux Condamines. Dans le même registre, quelques reconnaissances d’habitants de Gourdon en faveur du même Guillaume de Camy. Celui-ci, comme chapelain de la Candèle de Gourdon baille à fief le 16 février 1488, à Guillaume d’Abelly et Hélène de Danraoust mariés, un avral et un jardin dans les murs de Gourdon à la bande de la Salvanye.
En 1456, Géraud Borset vend à Bernarde de Camy un jardin au faubourg de Sainte-Catherine, rente due à la chapellenie de Saint-Michel, la même Bernarde est dite en 1461 femme de Jean Danraoust. En 1467, nous rencontrons pour la première fois Aymeric de Camy, recteur de Loupiac et qui l’était encore en 1491. Une pièce de procédure de 1699 relative à la Melve mentionne Jean Camy en 1474. Un Jean de Camy figure parmi les contribuables de Gourdon à un rang relativement modeste. Il déclare jouir d’un certain nombre de cens et de la location de deux maisons. Dans la juridiction de Gourdon il ne détient en biens fonciers qu’une terre et une vigne, cette dernière franche de cens sinon noble. Vers 1515, un autre Jean dit le Jeune est établi comme marchand au Vigan. Il n’en appartient pas moins à la confrérie des Cinq Plaies du Christ de l’église Saint-Pierre de Gourdon. Il nous faut maintenant accuser un énorme trou à la fin du 15ème et durant la première partie du 16ème siècle. Nous retrouvons les Camy à Gourdon où ils exercent les professions de marchand, praticien, avocat, … En 1561, Me Jean Camy, dit d’Aymare, écolier, possède une vigne au terroir de la Magdeleine à Gourdon.
Le 7 août 1579, Me Jean Longuet, avocat du siège de Gourdon, et dlle Marguerite de Magnyanac, une Périgourdine, femme de Me Jean de Camy dit d’Aymare avocat à ce siège, vendent à Me Pierre de Marsis aussi avocat, une pièce de terre du ténement de la Condamine franche et noble pour le prix de 100 livres. Mention de Guillaume de Camy à Gourdon le 3 février 1585. Enfin, Raymond CAMY dit d’AYMARE, premier degré des maintenues de noblesse : bien sûr, sa qualité de bourgeois et de marchand de Gourdon n’apparait plus pour les besoins de la cause. La maintenue, lui fait épouser (ce qui est exact) demoiselle Géraude de Patras, fille de noble Jean de Patras seigneur de Bonnecoste. Admettons la date du contrat, soit le 31 mars 1540. Ces Patras semblent venir depuis peu de Villefranche-de-Rouergue où ils exerçaient la marchandise. Le 20 octobre 1576, sire Raymond Camy bourgeois et marchand de Gourdon, est chargé par le prévot de la ville avec sire Jean Danglars, aussi marchand, et Me Antoine de Puniet, avocat, d’une enquête sur la vente d’une maison par Jean de Paradis, archer, au conseiller Jean de Massaut.
Le 3 novembre 1574, il avait acheté à Blaise Balan le boriage de la Bolonie (ou Valonie), paroisse de Saint-Clair. Il est condamné par une sentence du sénéchal du 14 avril 1590 confirmée par un arrêt du parlement de Toulouse du 6 novembre 1591 à payer la rente de ce boriage à François d’Albareil, lieutenant au siège de Gourdon, acquéreur de la seigneurie de Saint-Clair, le 8 mai 1576. Le 2 août 1593, à Saint-Clair, Raymond Camy dit d’Aymare, bourgeois, habitant le repaire de Miracoy, paroisse du Vigan, fait un échange avec Guillaume Dumas, tailleur. Raymond cède le Pech de Lolm, sive [appelé aussi] de Boloigne, contre des prés et des terres à Saint-Clair. Du mariage de Raymond Camy et de Géraude de Patras 2 enfants auteurs de 2 branches 1- Jean de Camy seigneur d’Aymare et Bonnecoste – Branche A 2- Pierre de Camy seigneur de la Melve – Branche B
BRANCHE A II- Noble Jean de CAMY, écuyer, seigneur d’Aymare et Bonnecoste : Le 27 avril 1601, art château de Bonnecoste. Me Pierre Escudié, notaire royal de Reilhaguet, faisant pour Thomas Escudié son père, Jean Justi prêtre, et Pierre Gautier, recteur de Reilhaguet, demandent à dlle Géraude de Patras et à Jean de Camy d’Aymare, écuyer, dame et seigneur de Bonnecoste s’ il leur et permis de prendre du bois dans le domaine de Bonnecoste, – confirmation en raison des services rendus – Rappel de noble Jean de Patras, seigneur de Bonnecoste, père de Géraude et aïeul d’autre Jean de Camy. Ce dernier aurait épousé le 20 mars 1607 demoiselle Jeanne de Laborie.
Le 14 mars 1608 avec Jean de Beaumont, Jean de Camy, seigneur d’Aymare pour lui et pour Pierre de Camy seigneur de la Melve, reconnait tenir en fief de l’abbé d’Obasine le ténement de Bonnecoste paroisse de Saint-Sauveur sous la rente de 64 L 3 s 4 d . Le 31 janvier 1620, au repaire d’Aymare, paroisse du Vigan, il baille en métairie à Jacques Roques dit Caghe Miche, de Figerma, paroisse de Saint-Projet, son boriage de Béluguie paroisse du Vigan . Il teste le 4 mars 1621 . De ce mariage : – Jean Pierre de Camy qui suit; – Héliette de Camy, mariée à noble Jean de Puniet seigneur de Saint-Romain ; – André de Camy, né le 28 mars 1616 au Vigan ; – Christophe de Camy, lieutenant au régiment du Vigan, mort à Corbie.
III- Jean-Pierre de CAMY seigneur d’Aymare et Bonnecoste II épouse le 2 décembre 1636 Marguerite de Jaubert, fille de Jean de Jaubert seigneur de Rassiols, Carlucet, … et de Françoise de Cadrieu. Il est dit dans cet acte capitaine d’une compagnie de gens de pied au régiment du Vigan et fils de noble Jean de Camy et de Jeanne de Laborie. Une commission du 26 septembre 1634, prouve d’ailleurs qu’il est capitaine dans ce régiment. Un « contrôlle » du 13 novembre justifie qu’il a servi comme volontaire sous le sieur de Vaillac. Le 8 février 1655, au repaire de Bonnecoste, il déclare que par contrat passé entre lui et Antoine d’Estournel, prêtre, recteur de Saint-Etienne-des-Alix et de son annexe de Saint-Sauveur le 12 septembre 1652, devant Calmon notaire, le recteur s’était obligé à faire le service divin dans l’église de Saint-Sauveur suivant les ordonnances de l’évêque de Cahors. Mais en fait, il ne daigne faire aucun service, pas même pour Noël ou Saint Etienne par irrévérence ou malice. II n’y a aucun calice né custode dans l’église Saint-Sauveur. Le seigneur de Bonnecoste somme Antoine d’Estournel d’assurer le service divin et d’acheter calice et custode. Le même jour, passant du spirituel au temporel, il afferme son domaine de la Borie Blanque dans la paroisse du Vigan.
Le 30 avril suivant, au Vigan, faisant au nom de Me François de Rassiols, chanoine de l’église collégiale N.D. du Vigan et de Rocamadour, il déclare à Me Etienne Pascal soit-disant chanoine, du Vigan, que si le dit Rassiols a de la parenté au parlement de Toulouse, lui Pascal est originaire de Sarlat où son frère est procureur au Présidial et où se trouvent ses parents. (Il s’agit sans doute d’un procès dont nous ignorons tout). Le 18 février 1668, au château d’Aymare, dlle Marguerite de Rassiols, femme de noble Jean de Camy sieur d’Aymare, reconnait avoir reçu 704 livres de Jean Dupré, marchand de Couzou. De ce mariage : 1- Jean de Camy, sieur du Débat, qui suit; 2- André de Camy, abbé de l’Abbaye-Nouvelle près de Gourdon; nommé en 1680, il était encore abbé en 1713 . Nous ne pouvons situer Marie de Camy dont la sépulture fut faite le 31 octobre 1676, par Me Jean de Lestevenie, chanoine, « accompagné des outres messieurs du chapitre du Vigan » . Ni Balthazar de Camy, sieur d’Aymare, marié, selon Foissac, à Sabine d’Aymerique et enterré dans l’église collégiale du Vigan le 25 décembre 1680
IV- Jean de CAMY sieur du Débat : Alors que son père avait été condamné pour fausse noblesse par Pellot, intendant de la généralité de Montauban, le 17 octobre 1667, Jean de Camy obtient en sa faveur un arrêt du Conseil d’État du 29 avril 1680 dont voici un extrait : « vu … certificat du sieur de Pierrepont ci-devant lieutenant des gardes du corps du roi du 15 juillet 1667, autre certificat du sieur duc de Noailles du 21 mars 1680 … autre certificat du sieur de Saint-Vian exempt des gardes du corps du roi du 2 avril 1680 … lesquelles pièces font foi que le suppliant a servi sans discontinuation depuis l’an 1667, tant en qualité de garde du corps du roi dans la compagnie commandée par le duc de Noailles, en Flandres, Allemagne et ailleurs, même qu’il a été blessé à Senez et à Cocherberg … le roi étant en son conseil ayant égars aux dits services et titres sans s’arrêter ait jugement du sieur Pelle … que sa majesté a cassé et annulé, maintenu et maintient ledit Jean de Camy seigneur du Débat en ladite qualité de noble d’extraction et d’écuyer… rendu le 29 avril 1686 à Saint-Germain-en-Laye. Signé Le Tellier ». En fait, l’Intendant avait raison, mais grace sans doute à des protecteurs influents, le roi plus conciliant eu égard aux services militaires de cette famille, était passé outre. Le sieur du Débat fut présent le 6 février 1670 au Vigan, au baptême de Pérette de Pommié fille de Jean, médecin, et d’Héliette de Puniet, celle-ci sa cousine germaine. Il est encore maintenu dans sa noblesse par Sanson le 23 avril 1697.
BRANCHE B II- Pierre de CAMY sieur de la Melve : Il est, nous l’avons vu, représenté par son frère dans une reconnaissance faite en 1608 à l’abbé d’Obasine. Marié à dlle Hélène de Malcap, il habitait dans la paroissse de Saint-Sauveur. Nous lui connaissons 2 fils : 1- Jean de Camy, sieur de la Melve qui suit; 2- Jean de Camy, sieur de Parisot, capitaine au régiment de Vaillac qui participe avec son frère à la défense III- Jean de CAMY sieur de la Melve : Il est parrain le 22 octobre 1637 au baptême de N. de Puniet fils de Jean sieur de Saint-Romain et d’Hélix de Camy, sa cousine. Le 8 janvier 1642 à Turin, le comte de Plessis Praslin conseiller du roi en ses conseils, maréchal des camps … certifie que le sieur de la Melve a servi le roi durant 3 ans en qualité de capitaine au régiment de Chourigny. Le 20 janvier suivant il lui délivre un passeport pour se rendre en France afin de régler ses affaires personnelles. Il s’agit vraisemblablement de son mariage car le 20 juin 1642, au château de Rignac en Quercy, fut passé contrat de mariage entre noble Jean de Camy, sieur de la Melve, capitaine d’une compagnie du régiment de Chourigny en Piémont et lieutenant d’une compagnie de cavalerie en Piémont commandée par le sieur de Chourigny, fils de feu noble Pierre de Camy, sieur de la Melve, et de demoiselle Hélix de Malcap d’une part, et dlle Hélène Duboys, fille de feu noble Anne Duboys, seigneur de Rinhac et de dlle Claire de La Méchaussée. Dot, 3 000 Livres léguées par le sieur de Rinhac, plus 500 Livres du chef de la mère et 500 Livres de noble Pierre DUBOYS seigneur de Rinhac, son frère. Présents : P. Malaurie, avocat et juge du lieu, et P. Martin, procureur d’office de Souillac. Ont signé : J. de Cardalhac – Saint-Maurin – Pécharman – La Rue – Saint-Martin – J. de Beaumont – Laplaignes – Aymar de Lestang – de Passugues (?) – Parisot – de Corail. Jacques Thomas, notaire de Creysse.
Aymar de Lestang et Parisot sont à coup sûr des Camy d’Aymare. Le 14 janvier 1653, les consuls de Souillac firent un certificat en faveur de Jean de Camy et de son frère Parisot : « Nous consuls et habitons de !a ville de Soilhac certiffions que noble Jean de Carry sieur de Parisot capitaine dans le régiment de M. le compte de Valhac est venu dans la présente ville avec le sieur de la Melve son frère que nous avions prias pour la gouverner avec nous sur l’advis que nous avions heu que les ennemys de l Estat s’en vouloient saisir comme très importante au subiect du passaige des troupes de sa Majesté et par l’ayde vapeur et conduite desdits sieurs de la Melve et Parisot noms avons conservé lad ville au Roy quoyque les ennemys de l’estai nous eussent attacqués de tous costés, donc ayant advise M. de Sauveboeuf il nous auroitavait envoyé du secours de l’Armée cent mousquetaires commmandés par le sr Giscarot quy estant arrivés nu bord de la rivière de Dordogne nous fist advertir qu’il né pouvait passer par [ce] que les ennemys l’en empeschoient et ledit sieur de Parisot quoyque blessé s’en alla avec un nombre d’habitants armés à un quart de lieue sur le bord de la rivière pour faciliter le passaige dudit sieur Giscarot et de .ses mousquetaires et estans jointz ensemble firent desloger un corps de garde de Cavallerie des ennemys qui gardaient le port du costé de la présente ville et nous auraient les Sr de la Melve et Parisot continue leurs assistances jusques à ce que le .siège à esté levé et que Monsieur le Duc de Candalle y a heu estably une garnison et se voulant le sieur de Parisot retirer nous l’avons remercié de ses assistances et lu), avons farci le présant certificat signé de noies et des habitans dud Soilhac le quartorzième jour du mois de janvier mil six cens cinquante trois. Anthoni consul – Lavaur – de Guignet – I erninac -:1(artrn – Lavaure F Giguet, etc ... . Noble Jean de Camy sieur d’Aymare, marié à Marie Anne de Peyronnenc de Saint-Chamarand est conseiller du roi et maire du Vigan, en 1694. Cette famille se maintient encore un peu plus d’un siècle. Plus d’officiers, ils mèneront au Vigan l’existence de modestes gentilhommes campagnards. Certes, il serait souhaitable que la filiation dont nous avons souligné les lacunes soit reprise par un généalogiste et continuée jusqu’à la Révolution.
Telle quelle, notre documentation nous permet cependant de situer la famille débuts assurément modestes à Gourdon avant 1313, surtout des marchands probablement. Au 16ème siècle une tentative vers la Chicane (avocat, praticien); mais il nous faut être prudent. Nous ne connaissons alors que certains membres de cette famille. Nous avons passé sous silence les Camy, bourgeois de Payrac auxquels Foissac donnait une origine commune. Famille incontestablement militaire tout au long du 171″‘e siècle. Ainsi, dans le seul Rôle de la compagnie de chevau légers de Jean Carles de Genouillac, non daté mais probablement antérieur à 1650, nous avons relevé Jean Desmares l’aîné : il signe Daymares; Pierre Desmares le jeune; P. Daymares; Michel de la Melve l’aîné; La Melve; Pierre de la Melve le jeune; P. de la Melve. Ou encore ce certificat : il concerne un Camy que nous n’avons pu situer et probablement un débutant dans la carrière des armes : Le 6 mars 1668, à Gravelines, certificat par le sieur de Fouillouze Havecourt, capitaine au régiment des Gardes du Roi, gouverneur de Gravelines. Il déclare que le sieur de la Melve est brigadier dans la compagnie du marquis de Saillant au régiment de Saint-Loup.
Au fond, le roi pouvait bien se montrer plus indulgent que l’Intendant. Leur noblesse était sans doute un peu boiteuse. Il manquait sans doute quelques quartiers aux Camy d’Ayrnare mais le prince trouvait en ces modestes gentilshommes les cadres subalternes de ses armées. Ils servaient pour l’honneur, s’endettant un peu plus chaque jour par le service. C’est pour eux que fut créée la Croix de Saint-Louis et encore avec quelle parcimonie fut-elle attribuée !

Rédigé en juin 1959. Revu et complété en février 1996
Nota: D'où vient le surnom d'Aymare que ne portent pas les premiers Camy ? nous l'ignorons.
LISTE DES PATRONYMES ALLIES par ordre d'apparition dans le texte : PATRAS, JAUBERT, RASSIOLS, AYMERIQUE, POMMIE, PUNIET, MALCAP.

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